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Origine inconnue

Danielle Thierry (Robert Laffont)

vendredi 26 octobre 2001


La quatrième de couverture nous apprend que Danielle Thiery est commissaire. Bien. Mais en l’occurrence, on s’en fout et c’est tant mieux. La dame nous épargne les procédures par le petit bout de la lorgnette, le jargon de la maison ou les tracas de la vie de commissariat qui souvent l’emportent sur l’intrigue et plombent les romans de "spécialiste". Elle se concentre sur son histoire, légèrement tirée par les cheveux mais assez bien ficelée, et sur son personnage (Edwige Marion) plutôt convaincant de flic-mère tiraillé entre sa vie privée difficile à arrimer, et son métier qui l’entraîne au coeur d’une tempête dans laquelle elle ne maîtrise pas grand chose. On suit donc la baroudeuse sur les traces d’une série de meurtres qui l’obligent à se coltiner le passé trouble de ses géniteurs au lendemain de la guerre d’Algérie. La balade est pour le moins vivifiante. On pourrait presque reprocher à Danielle Thiery de vouloir trop en faire. Un rebondissement toutes les deux pages, c’est beaucoup. Mais on marche tout de même, sans trop se poser de questions. Ce qui, au rayon du ridicule label à la mode "polar-au-féminin" vaut nettement mieux que certaines "bestsellerisées" comme la machine à photocopier Mary Higgins Clark ou la désormais ronronnante Patricia Cornwell. Danielle Thiery lorgne plutôt du côté de Jean-Christophe Grangé, mais sans les fâcheuses prétentions de styliste que rature parfois le bonhomme. En résumé, plutôt une bonne surprise.