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Le Ventre de New York

Thomas Kelly (Rivages Noir)

mercredi 5 septembre 2001


Traduit en 1998, Le Ventre de New York vient enfin de débarquer ce printemps en poche chez Rivages/Noirl’article. Une bonne nouvelle, surtout pour ceux qui cherchent autre chose que les sempiternelles histoires de méchants serial-killers terrorisant la ville. Avec Thomas Kelly, nous sommes plutôt du côté du roman noir, avec les deux frères Adare, rejetons d’une famille ouvrière irlandaise du Bronx. L’un tente de sortir de son milieu grâce aux études, qu’il paye en travaillant au creusement d’un tunnel destiné à alimenter la ville en eau. L’autre magouille en jouant les bras droit d’un caïd sanguinaire. Les deux se retrouvent embarqués dans un infernal règlement de compte entre hommes d’affaires véreux, mafieux de tous bords et syndicat des tunneliers. Corruption à tous les étages dans cette peinture du New York des années Reagan, qui vaut d’abord pour sa galerie de personnages. Ils sont légion, mais Thomas Kelly parvient à leur donner à tous une véritable épaisseur, une humanité touchante, même pour les plus barrés d’entre eux. Comme souvent, nos héros peinent à échapper au poids de leur destin, et personne ne sort vraiment indemne de cette descente aux enfers. Seul bémol peut-être, la fin qui se laisse un tantinet aller au cliché cinématographique (Ah ! ce dernier coup de feu qui interrompt le geste meurtrier à l’ultime seconde !). Mais n’ergotons pas. Le Ventre de New York noue suffisamment les tripes pour être conseillé aux estomacs les plus blindés.