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La Voix du violon

Andrea Camilleri (Fleuve Noir)

mercredi 5 septembre 2001


Andrea Camilleri est un phénomène. Des ventes s’entend, les aventures de son commissaire Montalbano s’arrachant à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires en Italie. En découvrant son oeuvre avec cette Voix du violon, on se demande bien pourquoi.
Camilleri tient certes un excellent personnage. Ce Salvo Montalbano, grand pourfendeur de toutes les combinazione qui sont forcément légion en Sicile, est impeccable : irascible, intuitif, manipulateur, mais honnête homme. Le voilà cette fois en prise avec le meurtre d’une bombe latine. Et puis... rien. L’intrigue est aussi mince qu’une corde de violon. On se délecte un temps des rivalités policières et des trafics d’influence des uns et des autres, qui occupent un tiers du roman sans pour autant faire avancer l’enquête principale. Les personnages secondaires sont certes pittoresques, mais Camilleri ne leur laisse guère le temps de s’installer. Que dire, surtout, de ce fameux parler sicilien dont les Italiens, paraît-il, raffolent ? En dépit des efforts du traducteur, les inversions de verbe et de sujet, les "il pinsa" (pour "il pensa"), et autres "coucourdes" ou je ne sais quelles transpositions folkloro-provençales, agacent plus qu’elles ne charment. Et puis peut-être faudrait-il arrêter avec cette manie de plus en plus répandue de nous conter par le menu les repas gastronomiques de nos héros. La recette devient indigeste. En résumé donc, une confirmation : le violon, mal joué, c’est souvent gonflant.