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L’Oiseau des ténèbres

Michael Connelly (Seuil Policiers)

mardi 24 juillet 2001


Proclamé haut et fort "nouveau maître du polar", Michael Connelly s’avérait pourtant ces derniers temps en toute petite forme. Qu’on se rassure : le bonhomme semble aller mieux, comme en témoigne sa dernière production, catapultée illico au sommet des ventes estivales. L’oiseau des ténèbres tient effectivement la route en explorant les zones grises de ses deux personnages fétiches, l’ancien profileur du FBI Terry McCaleb et l’inspecteur torturé Harry Bosch. Le tandem pédale dans une sombre intrigue, mais surtout, les deux héros se feintent, se cherchent, s’accommodent comme ils peuvent de leurs propres sentiments de culpabilité. Ni Dieu ni Diable, mais une voie étroite sur laquelle ils funambulent comme ils peuvent. La chute est toujours possible, et effectivement, ils trébuchent parfois. Ils ne sortiront pas tout blanc de cette enquête serrée, la plus efficace des derniers romans de Connelly. S’il dérape encore sur des dialogues un tantinet fadasses, Connelly rend parfaitement l’ambiance et le déroulement des grands procès américains type O.J Simpson. Ces duels d’avocats, en parallèle de l’intrigue principale au dénouement peut-être ficelés trop rapidement, font mouche. Au final donc, mention bien.