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Le Fleuve des ténèbres

James Grady (Rivages Noir)

dimanche 10 juin 2001


A l’occasion de la sortie du dernier James Ellroy, voilà donc nos amis libraires qui en profitent pour remettre en rayon Le fleuve des ténèbres de James Grady, vieux de 7 ans pour l’édition française. Normal, Grady touille la même fange qu’Ellroyl’article : la CIA, ses magouilles, ses hommes de l’ombre, ses interventions dans l’Histoire. La similitude pourtant s’arrête là. Ellroy malmène son lecteur, le trimbale (au risque de le perdre) à cent à l’heure à travers le bruit et la fureur de son intrigue. Grady lui patine, débraye dans des flash-back interminables, s’embourbe dans un style lourdingue dont on se demande s’il est de son fait ou le résultat d’une traduction approximative. Bilan : le roman met bien 400 pages avant de commencer à décoller. De quoi refroidir même le plus patient des lecteurs, peut-être attiré par le jugement d’Ellroy lui-même, exposé en quatrième de couverture : "Brutal, bouleversant... ce livre exige votre âme et la cloue au mur", peut-on lire. On ne pensait pas Ellroy doté d’une âme aussi sensible... Le Fleuve des ténèbres est un titre bien prétentieux : tout au plus un petit ruisseau noirâtre qui débouche sur un marécage vaseux.