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On y va tout droit

Pascal Dessaint (Rivages Noir)

vendredi 20 avril 2001


On y va tout droit. Bon. Où ça ? Quasiment nulle part. Comment ? En roue libre. On voudrait bien suivre l’Emile, le double de Dessaint, héros de ce voyage en déprime. Mais Pascal Dessaint nous donne vraiment l’impression cette fois de relever les compteurs. Avec une intrigue mince jusqu’à la transparence, les états d’âme un tantinet pénibles de son Mimile, et des personnages incontournablement pittoresques, On y va tout droit fatigue assez vite. Le roman "parle, sans en avoir l’air, de la confusion des sentiments, de la difficulté d’aimer et de la peur de vivre", assure l’éditeur. "Sans en avoir l’air" est sans doute de trop. Le désabusé lourdingue trimbale au fil des pages sa désespérance ironique, et le lecteur a l’impression de faire du surplace. Il faudrait d’ailleurs dire à Dessaint d’arrêter de nous déployer la carte de Toulouse d’un roman à l’autre, passant de la rue ceci au quartier machin via le pont trucmuche. C’est ennuyeux, même pour les Toulousains que nous sommes. On y va tout droit ? Sans nous.