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Quand la haine sera morte

Michel Leydier (Flammarion)

mercredi 28 février 2001


D’emblée, le style, prétentieux et vain, symptomatique d’une certaine tendance du polar actuel. Exemples : "Les platanes qui encadraient les deux rangées du parking regorgeaient de sève. Un coup de canif et ils éjaculaient". Plus loin : "Il enfonça son machin dans le puits dégoulinant de Chloé et la secoua comme si des poires pouvaient tomber, mais ses jolis seins tenaient bons". Et encore : "Heures blanches pour aube bleue. Nuit rouge à marquer d’une pierre noire".
La construction du récit, montage parallèle entre passé et présent, n’éclaire guère plus le propos, et passe finalement pour un effet de manches supplémentaire. Michel Leydier se contente ainsi d’accumuler des scènes de plus en plus violentes, censées traumatiser le lecteur. Problème : on ne croit pas cinq secondes à ses personnages grotesques. Pensez donc : une gamine de 15 ans, exemplaire jusque-là, se fait violer dans la cage d’escalier de son immeuble de banlieue glauque. Traumatisme, bouleversement intérieur. La voilà du coup qui se rend chez un voyeur débile témoin du viol, lui fait un strip-tease, le branle un brin, l’exécute et lui coupe la queue. Bon. Puis elle tombe sur un gamin angélique, innocente victime comme elle.
Et la voilà qui te le suce et te le chevauche sur la pelouse commune de la cité, aux yeux de tous, juste histoire de retrouver le vrai visage de l’amour.
En somme, n’importe quoi, n’importe comment.