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Psycho Killer

Keith Ablow (Editions du Rocher)

mercredi 28 février 2001


Psycho Killer n’est pas un mauvais roman. Il est même bourré de louables intentions. Un héros mal dans ses santiags - Franck Clevenger -, psychiatre ex-accro à la cocaïne, aux jeux, aux filles fracassées, compatissant en diable à toutes les misères du monde, et qui évite de nous la jouer vieux sage moralisateur de retour de l’enfer. Un méchant redoutable -Trevor Lucas -, pote du héros, accusé à tort de quatre meurtres atroces, et qui pendant son jugement se retrouve possédé par une vilaine remontée d’enfance le poussant à séquestrer dans une unité psychiatrique une vingtaine de patients timbrés et quelques infirmières. Pas de panique, le dévoué Franck se charge de ramener l’ignoble à la raison. Duel fratricide ? En quelque sorte. Du héros ou du psychopathe, on ne sait plus trop qui tient le miroir à l’autre. Tant mieux d’ailleurs. L’opposition/projection des deux personnages est plutôt efficace.
Mais dans l’ensemble, on reste sur sa faim. L’intrigue de Keith Ablow avance à coup de dialogues artificiels, où Clevenger s’épuise à exposer ses interrogations existentielles. Le personnage de la vraie coupable des meurtres, serial-killeuse planquée par le tandem Clevenger-Lucas, est totalement inexistant. L’enquête aboutissant à la révélation du passé traumatique de Lucas est expédiée en deux temps trois mouvements. Au final, une impression de gâchis. On devrait ressortir de Psycho Killer essoré. On a encore du jus pour passer à autre chose.