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CREWS Harry

samedi 1er juin 2002


Noir. Très noir. Son humour comme son univers de monstres trop humains. Harry Crews est un auteur aussi puissant que tourmenté, et on ne sort jamais indemne de la lecture de ses romans. Il faut dire que l’enfance du bonhomme est tout sauf rose. Harry Crews naît le 7 juin 1935 à Bacon County (Georgie). Ses parents, Ray et Myrtice, exploite une petite ferme. Mais le père meurt très jeune, à 35 ans. La mère ne parvient pas à s’occuper seule de la ferme. Elle se remarie. Un nouveau papa pour Harry, qui n’eut pas le temps de connaître le sien. Un sale type en fait, alcoolique et brutal, qui cogne comme un sourd à la maison. Harry encaisse mal. A 5 ans, une méchante fièvre se traduit par une atrophie musculaire de ses jambes pendant des mois. Résultat du stress psychologie qui plombe la vie familiale. Sa mère finit par faire ses valises. Cap sur la Floride, avec Harry et son frère. L’adolescence du gamin est plutôt solitaire. Il lit beaucoup, et pense déjà à écrire. Mais il s’engage d’abord dans les Marines, en 1953, pour voir du pays. Pendant trois, il visite surtout la bibliothèque de la base, qui est pour lui "comme une dinde à un homme meurt de fin", écrit-il. Il se passionne notamment pour Mickey Spillane et Graham Greene.
Après sa démobilisation, il entre à l’université de Floride. Deux ans d’études et nouveau départ. Pour 18 mois en moto à travers le pays. Il vit de petits boulots, connaît même un temps la prison. Mais l’envie d’écrire le dévore, et il revient à l’université en 1958. Sur la route, il s’est tout de même marié. Le temps de concevoir deux garçons, et le mariage éclate. "J’essayais d’être un père quand j’étais fatigué, gardant toute mon énergie pour l’écriture". Divorce, puis quelque mois plus tard réconciliation et remariage. Mais en 1961, l’aîné de Crews se noie dans la piscine d’un voisin. Crews culpabilise jusqu’à la déprime. Le mariage explose à nouveau. Pendant ce temps, Crews écrit toujours, mais sans parvenir à se faire éditer. Le grand jour arrive enfin en 1968. C’est Le chanteur de Gospel. Dès lors, Crews rattrape le temps perdu. Il enseigne en Floride, collabore à de nombreux journaux, de Play Boy à Esquire, et sort très régulièrement ses romans d’êtres machés, petite gens de l’Amérique profonde, aux os rongés par toutes les saloperies humaines. Crews a publié une quinzaine de romans, dont la plupart sont encore à traduire en France. Depuis 1997, il n’enseigne plus et se consacre exclusivement à son art.

Ses ouvrages principaux sont : Le Chanteur de Gospel, Body, La Foire aux serpents, La Malediction du gitan, Car.