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GEORGE Elizabeth

lundi 17 février 2003


Elle pourrait être la petite soeur. Avec P.D James et Ruth Rendell comme aînées bienveillantes. Mais non, ne lui parlez pas des deux autres grandes dames du crime. Elles se détestent. Sans doute parce que toutes les trois arpentent les mêmes plates-bandes.
Les parents de la petite Elizabeth George, née le 26 février 1949 à Warren (Ohio) n’imaginait pourtant certainement pas les futures marottes de la fifille. Enfance très middle-class, éducation catholique avec les Soeurs de la Croix sacrée, université de Riverside (Californie) pour un diplôme de littérature anglaise et de psychopédagogie, Elizabeth George devient tout naturellement professeur. Pendant 13 ans, elle se distingue notamment en travaillant au soutien des enfants en difficulté. Mais l’écriture la démange. Et pas n’importe laquelle. A 12 ans déjà, elle commet ses premiers meurtres littéraires. A partir de 1983, elle aiguise sa plume avec deux romans qui ne seront jamais publiés. Le héros principal est toxicologue et se nomme Saint-James. On le retrouve dans le troisième roman de la dame, Enquête dans le brouillard, s’effaçant derrière un ami, sir Thomas Linley, huitième Lord Asherton et inspecteur à Scotland Yard. Cette fois, les éditeurs se laissent séduire.
Tant mieux. Le livre révèle déjà les penchants de son auteur. Pour l’Angleterre d’abord où se dérouleront toute ses intrigues. Découverte lors d’un voyage en 1966, le pays ne cesse de fasciner Elizabeth George. Elle possède d’ailleurs un appartement à Londres, même si elle vit toujours la plupart du temps à Huntington Beach, au sud de Los Angeles. Autre constante, la volonté d’ausculter l’âme de tous ses personnages. "Le crime est pour moi un prétexte pour explorer la nature humaine", assure-t-elle. Réel point commun avec Ruth Rendell. Les petits riens qui tissent ou empoisonnent les liens de famille, les grains de sable qui dérèglent la mécanique de certaines institutions la fascinent. Chacun de ses romans se penche ainsi sur un milieu particulier, de l’université au théâtre en passant par les "public schools". Préoccupation partagée cette fois avec P.D James. Mais ne lui parler pas de la veine sociale de ses romans. Même si elle tient particulièrement à son autre personnage, le sergent Barbara Havers, prolo qui fume et gouaille sans cesse, une classe bien en dessous de son coéquipier Linley.
Au fil des livres, Elizabeth George dresse pourtant un portrait de l’Angleterre à l’encre sombre, un pays profondément malade. Aux Etats-Unis, la vie de la dame contraste évidemment avec ses écrits. Lever à l’aurore (6h), elle écrit au moins cinq pages avant de vaquer à ses occupations : réponse au courrier (nombreux, elle est traduite dans 20 pays), réception d’amis ou séminaire littéraire une fois par semaine avec de jeunes auteurs. Elizabeth George est rangé. Ses romans sont dérangés. Tout va bien.

Ses principaux ouvrages sont : Enquête dans le brouillard, Un goût de cendres, Le visage de l’ennemi, Une patience d’ange.