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HARVEY John

vendredi 20 septembre 2002

Pas moins de 90 romans à son actif, des recueils de poésie, nombre d’adaptations pour la radio ou la télévision, la direction d’une maison d’édition, n’en jetez plus. John Harvey est un hyperactif. Mais pas de confusion. Harvey fait aussi dans la qualité. Il s’impose en tout cas comme l’un des meilleurs auteurs noirs de sa génération.
Il est né à Londres, le 21 décembre 1938. Enfance et études sans anicroche. Le parcours est rectiligne. Goldsmith College, université de Londres, Hatfield Polytechnic, puis maîtrise d’études américaines à l’université de Nottingham. Voilà donc notre homme enseignant l’anglais et le théâtre au lycée à partir de 1963 et jusqu’en 1975. Des années qui enrichissent le bonhomme, l’ouvrant sur des milieux différents du sien, sur l’univers des jeunes qui seront plus tard bien présents dans ses romans. L’écriture, pourtant, lui tombe dessus presque par hasard. Un ami, officiant dans le roman de gare, lui propose de l’aider à honorer les commandes de son éditeur. Harvey se lance, et presque à sa grande surprise, il est immédiatement publié. Le voilà donc qui poursuit l’aventure en alignant une cinquantaine de « pulps », principalement des westerns. L’appétit vient en mangeant. A partir de 1977 (et jusqu’en 1999), il fonde une maison d’édition, Slow Dancer Press, qui s’appuie sur une revue, Slow Dancer Magazine. Il s’agit de publier de la poésie, la deuxième passion de Harvey, en aidant si possible à révéler de jeunes auteurs. Dans le même temps, son premier mariage se termine par un divorce (il est le père de jumeaux). Il déborde d’activités. A partir de 1980, il enseigne la littérature et le cinéma à l’Université de Nottingham, et commence à travailler à des adaptations pour la télévision et la radio.
C’est à cette époque qu’il dévore les auteurs américains de polars. « C’est après avoir lu les romans d’Elmore Leonard que je me suis dit : voilà ce que je veux faire ! », raconte-t-il. Il est alors en train d’écrire pour la télévision britannique une série intitulée Hard Cases, se déroulant dans un service de libertés conditionnelles, et inspirée d’Hill Street Blues aux Etats-Unis. Il apprécie de jongler ainsi avec plusieurs intrigues et de nombreux personnages. Ses choix s’affirment d’entrée. Il ne veut pas donner dans le roman à l’anglaise, façon detective-story, mais tient à ancrer ses histoires dans une ville anglaise, avec un personnage à la fois british et en marge. Ainsi naît en 1989 Charles Resnick, policier d’origine polonaise amateur de jazz, et officiant dans un Nottingham qui pour Harvey est « un miroir presque parfait de l’Angleterre », avec ses nombreuses communautés rassemblées dans un espace restreint et une violence très présente dans la cité.
Resnick fait ses premiers pas dans Cœurs solitaires. Son éditeur Tony Lacey décide alors Harvey à en faire le héros d’une série. Resnick reprend donc du service pendant 10 romans, de plus en plus noirs, avec un style sobre et précis, hérité du passé d’Harvey dans la littérature populaire et de son amour de la poésie. « Dire beaucoup en peu de mots », résume Harvey. Le résultat est exemplaire, notamment dans Lumière froide (grand prix du roman noir de la ville de Cognac en 2000). A côté de la série Resnick, Harvey est aussi l’auteur d’une dizaine d’autres romans policiers (à traduire) et de nombreuses nouvelles. Il vit aujourd’hui à Londres, avec sa nouvelle femme (mariage en 1998) et sa petite fille Molly.

Ses principaux ouvrages sont : Cœurs solitaires, Les Etrangers dans la maison, Off Minor, Lumière froide, Preuve vivante.