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HILLERMAN Tony (1925-2008)

samedi 10 août 2002


Tony Hillerman est l’homme d’un univers romanesque, cette culture indienne qu’il n’en finit plus de sonder d’un ouvrage l’autre, anthropologue au service d’un monde où terre et ciel se rejoignent, où d’étonnants sorciers croisent des fantômes, où des flics cherchent à percer les mystères criminels tout autant que ceux de la mémoire d’un peuple.
Evidemment, cette passion indienne ne doit rien au hasard. Tony Hillerman est né le 27 mai 1925 à Sacred Heart, petite bourgade catholique de cet Oklahoma où furent déplacés nombre d’indiens dans la première partie du XIXe siècle. Tony est le deuxième fils (sur trois enfants) d’August, un fermier qui tient également une épicerie, et de Lucy Grove. A l’école Sainte-Marie et au collège Konawa, il fréquente de nombreux enfants Séminoles et Pottawanies. Mais le jeune Tony rêve surtout de s’extraire de ce milieu rural. Après la mort de son père, il n’hésite pas à s’engager dans l’armée en 1943. Durant la seconde guerre mondiale, il combat en France (en Alsace). En 1945, il est gravement blessé, rapatrié, et décoré (Silver Star, Bronze Star et Purple Heart). Un journaliste, qui est tombé sur les lettres qu’il envoyait à sa mère, le pousse à se lancer dans l’écriture. Après avoir décroché son diplôme de journalisme et s’être marié, il occupe de 1948 à 1962, différents postes dans divers journaux ou à l’agence United Press. Il rejoint ensuite l’université du Nouveau Mexique, comme assistant du président puis professeur de journalisme.
Mais le démon de l’écriture le rattrape. Une expérience, en août 1945, l’a profondément marqué. En visite pour la première fois sur le territoire de la grande réserve navajo, il assiste à un cérémonial destiné à aider les marines Navajos de retour du Pacifique à retrouver l’harmonie avec le monde qui les entoure. Le rite s’appelle « Enemy Way », la voie de l’ennemi. Vingt ans plus tard, quand il cherche à situer l’action de sa première histoire criminelle, l’image lui revient. La Voie de l’ennemi sort en 1970, avec comme héros le lieutenant de police navajo Joe Leaphorn, et c’est un succès immédiat. D’emblée, le projet d’Hillerman est posé : ausculter la culture indienne, ses valeurs traditionnelles flottant dans le monde moderne. Après trois aventures avec Joe Leaphorn (dont la deuxième,Là où dansent les morts, obtient l’Edgar 1973 aux Etats-Unis, et le Grand prix de littérature policière en France en 1987), Hillerman décide de créer un nouveau personnage « plus traditionnel et moins imprégné par la culture des Blancs ». Naît ainsi dans Peuple de l’ombre (1980) Jim Chee, sergent de la police tribale navajo de Crownpoint, près d’Albuquerque, plus instinctif et ouvert aux pratiques religieuses que son aîné. Les deux hommes se retrouvent à partir de Porteurs de peau en 1986. Les relations qu’ils établissent enrichissent l’œuvre d’Hillerman qui ne se passe alors plus de son tandem, sauf en 1995 avec Moon, un roman sur fond de guerre du Vietnam. Considéré aux Etats-Unis comme un des maîtres du polar, Hillerman est également en France la locomotive (avec Ellroy) de la collection Rivages/Noir. Tony Hillerman s’est éteint le 9 novembre 2008 à Albuquerque (Nouveau Mexique) où il vivait avec sa femme Marie Unzner (avec qui il eut 6 enfants), à 83 ans, d’une insuffisance respiratoire.

Ses principaux ouvrages sont : Là ou dansent les morts, Peuple de l’ombre, Le Vent sombre, Porteurs de peau, Le Voleur de temps, Blaireau se cache.