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LEBLANC Maurice (1864-1941)

jeudi 31 octobre 2002


"Il n’est pas mon ombre, c’est moi qui suis son ombre". Comme Conan Doyle, Maurice Leblanc devait trouver sa créature fort encombrante, écrasant ses autres essais littéraires, le cantonnant dans ce genre populaire dont il disait vouloir se défier et se défaire. Mais peut-on résister au célébrissime Arsène Lupin ? Evidemment non.
Maurice Leblanc est né le 11 novembre 1864 à Rouen, dans une famille bourgeoise. Son père est armateur. Après des études brillantes, Maurice ne pense qu’à une chose : écrire. Mais son père l’oblige à entrer dans la vie active en intégrant une usine de cardes. Maurice n’en peut plus : il s’emménage dans une soupente de l’usine un petit bureau où il écrit en cachette. Mais la situation ne saurait durer. En 1885, il obtient enfin l’autorisation paternelle de quitter la Normandie pour monter à Paris, rejoindre sa soeur, la tragédienne Georgette Leblanc. Grâce à elle, il fréquente les milieux culturels et collabore bientôt à plusieurs journaux, dont Le Figaro. Influencé par deux auteurs normands incontournables, Guy de Maupassant et Gustave Flaubert, il commence à publier à partir de 1891 des nouvelles et des romans psychologiques qui lui valent une certaine reconnaissance critique mais ne se vendent guère.
Le vent tourne en 1904, quand l’éditeur Pierre Laffitte, qui lance alors le mensuel Je sais tout, lui commande une nouvelle policière avec un héros "typiquement français", capable de concurrencer Sherlock Holmes ou Raffles, le cambrioleur à succès créé par Ernest-William Hornung, le beau-frère de Conan Doyle. En déformant le nom d’un ancien conseiller municipal parisien, Arsène Lopin, Leblanc invente donc Arsène Lupin pour le N°6 du 15 juillet 1905 de Je sais tout. La nouvelle s’intitule L’arrestation d’Arsène Lupin, et rencontre immédiatement un énorme succès. Leblanc ne songeait pas à poursuivre dans cette voie, mais son éditeur le pousse à écrire une série. Les premières nouvelles seront rassemblées dans le recueil qui vaut tout un programme : Arsène Lupin, gentleman-cambrioleur (1907). Une trentaine d’aventures suivront jusqu’aux Milliards d’Arsène Lupin publié en 1939. Le personnage, d’abord plutôt voleur anarchisant (la première et meilleure période de ses frasques) devait évoluer après la première guère mondiale pour devenir plutôt tour à tour auxiliaire de police et espion pour la grandeur de la France. Reste qu’avec Lupin, Maurice Leblanc explore de nombreuses figures du genre policier (chambre close, assassins multiples, narrateur-coupable, etc.) qu’il contribue à installer dans l’Hexagone.
Dans sa tentative de s’extraire de l’emprise de sa créature, Maurice Leblanc publia également quelques romans à redécouvrir, notamment Le Formidable événement ou Les Trois yeux qui abordent avant l’heure ce qui n’est pas encore baptisé "science-fiction". Mais jusqu’au bout, son Arsène poursuit Maurice Leblanc, mort à Perpignan en 1941.

Ses principaux ouvrages sont : L’Aiguille creuse, Arsène Lupin contre Herlock Sholmes, 813, L’Ile aux trente cercueils, La Comtesse de Cagliostro, La Demeure mystérieuse.