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LEONARD Elmore (1925-2013)

lundi 16 décembre 2002


Stakhanoviste, le bonhomme ? Plutôt, oui. Une quarantaine de nouvelles, 45 romans, bilan plutôt impressionnant, même pour un octogénaire. Il faut dire qu’Elmore Leonard confessait écrire tous les jours de 9h30 à 18h. Alors forcément...
D’autant que cette habitude remonte à loin. Né le 11 octobre 1925 à La Nouvelle-Orléans (Louisiane), Elmore Leonard commence à écrire dès l’âge de 10 ans. Des brouillons de westerns, le genre qu’il adore en images. Même à l’école, le gamin rêvasse et n’arrête pas de se faire du cinéma, ou de conter des histoires à ses camarades. Il poursuit pour le journal de son lycée, avant d’ouvrir une parenthèse en 1943. Il s’engage pour deux ans et demi dans la Navy. A son retour, il s’inscrit à l’université de Detroit. Il en ressort diplômé d’anglais et de philosophie quatre ans plus tard. Sa première nouvelle est publiée en 1951, dans un pulp-magazine, Argosy. Encore deux ans et paraît son premier roman, The Bounty Hunters. Un western évidemment. Le marché est porteur à l’époque. Leonard fournit : quatre romans et une trentaines de nouvelles et jusqu’en 1961. Certaines seront d’ailleurs adaptées au cinéma (3h10 pour Yuma de Delmer Daves). Mais la veine se tarit, et pour gagner sa croûte, Leonard bosse pendant quatre ans à l’écriture de scripts de films éducatifs pour l’Encyclopédie Britannica ou pour des films industriels. Le tournant pour lui intervient en 1965. La 20th Century Fox achète les droits de son roman Hombre paru en 1961 (le seul western de Leonard traduit en français avec Valdez en 1970). Cet argent lui permet de se consacrer exclusivement à l’écriture. Comme le western ne trouve plus guère preneur, il se lance dans le roman noir. Le premier sort en 1968 (The Big Bounce), après avoir essuyé le refus de plus de 80 éditeurs ! La persévérance paye. Ces livres suivant, consacré à Détroit connaissent un succès correct. On retrouve l’influence d’Ernest Hemingway, son modèle de jeunesse : "mon but a toujours été de conjuguer style clair et précis et dialogues réalistes", explique-t-il. Bonne pioche. Ses livres se distinguent de la production courante par leur réalisme (Leonard fait toujours un travail de recherche énorme avant d’écrire), leur humour, leur rythme. Inspiré par le cinéma, Leonard écrit court et son intrigue avance à coup de petites scènes enchaînées en trombe. "J’écris toujours mes livres en pensant à une adaptation à l’écran", souligne-t-il.
La France découvre l’auteur seulement en 1976 avec Plus gros que le ventre, qui appartient toujours au cycle de Detroit, comme La Loi de la cité qui obtient en 1986 le Grand prix de littérature policière. Entre-temps, Leonard connaît le succès aux Etats-Unis avec son premier best-seller, Le jeu de la mort. De superbes réussites appartiennent à un cycle consacré à la Floride (notamment La Brava en 1983), où réside sa mère. Les années 1990 seront pour Leonard celles du triomphe, avec l’adaptation de trois de ses romans : Zig-Zag movies (Get shorty de Barry Sonnenfeld), Punch Créole (Jacky Brown de Quentin Tarantino) et Loin des yeux (Hors d’atteinte de Steven Soderbergh). Pour le New York Times, Leonard est alors ni plus ni moins que "le plus grand auteur de polars vivant". Reconnaissance tardive, mais amplement méritée. Leonard, père de cinq enfants, est mort à Détroit le 20 août 2013, à l’âge de 87 ans.

Ses principaux ouvrages sont : Hombre, Homme Inconnu N°89, La Loi de la Cité, La Brava, Goald Coast, Stick, Zig-Zag Movies, Maximum Bob, Pronto.