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CHANDLER Raymond (1888-1959)

vendredi 9 mars 2001


Le plus célèbre, le plus styliste et sans doute le plus grand des auteurs de romans noirs est né à Chicago. Mais il quitte l’Amérique à 8 ans, dans les jupons de son irlandaise de mère, divorcée, qui décide de partir en Angleterre. Chandler est donc élevé dans les "public schools" anglaises jusqu’en 1905. Il s’échappe ensuite une année en France, pour ses études de commerce, et visite l’Allemagne. De retour en Angleterre, il prnd la citoyenneté anglaise, histoire de pouvoir entrer dans l’administration. Effectivemement, il intègre bientôt le ministère de la Marine. Où il s’ennuit à mourir. Après à peine huit mois à gratter du papier, il démissionne. Et retourne aux Etats-Unis en 1912. Il participe à la Première guerre mondiale en France en mars 1918, puis se fixe définitivement en Californie où il finit par décrocher un boulot d’administrateur de compagnies pétrolières indépendantes. Il est viré en 1932. Il copine trop avec la bouteille. Cette fois, l’envie d’écrire, qui le titille déjà depuis fort longtemps, prend le dessus. C’est en lisant la revue de pulps Black Mask qu’il tombe sous le charme du genre. Disons qu’il voit également là un moyen de gagner de l’argent qui en vaut bien un autre. Car il ne faut pas croire que notre bonhomme considère le roman noir comme triste sous litérature. Au contraire. Chandler est avant tout un styliste, et il s’échine à forger le sien en réécrivant jusqu’à plus soif des nouvelles de deux auteurs en vogue à l’époque : Dashiel Hammett et Earle Stanley Gardner. En 1933, il sort enfin sa première nouvelle dans Black Mask : Les Maîtres chanteurs ne tirent plus. Il faut attendre six ans de plus pour qu’arrive son premier roman, Le Grand Sommeil, avec son privé désabusé Philip Marlowe. Chandler de toute façon n’est pas hyperproductif. Il soigne, peaufine, colle des bouts d’intrigues piochées parfois dans ses anciennes nouvelles, et se concentre encore et toujours sur l’écriture. On ne compte d’ailleurs dans son oeuvre que huit romans, dont le dernier inachévé. La plupart de ses romans seront adaptés par Hollywood, où Chandler devient aussi scénariste. Il travaille notamment sur Assurance sur la mort de Billy Wilder (1944) et L’Inconnu du Nord-Express d’Alfred Hitchcock (1950). Mais l’usine à rêves ne le fascine guère ("Les bons scénarii sont presque aussi rares à Hollywood que les vierges"). Lucide, habitué des cuites, il poursuit son oeuvre en réfléchissant aussi sur le roman policier (voir son traité, L’Art d’assassiner en 1944). Il meurt d’une pneumonie en mars 1959.

Ses principaux ouvrages sont : Le Grand Sommeil, Adieu ma jolie, La dame du lac, Fais pas ta rosière, Sur un air de navaja.