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MANCHETTE Jean-Patrick (1942-1995)

mardi 2 octobre 2001


"Le père du néo-polar", telle est l’étiquette qui colle à Jean-Patrick Manchette. Il la mérite, étant lui-même l’inventeur de la formule, même si comme toutes les étiquettes, elle est forcément réductrice et résume tout juste le ton nouveau que symbolise Manchette quand il débarque dans la Série Noire en 1971. Les gangsters et autres voyous régnaient plutôt jusque-là sur le roman noir à la française. Avec Manchette s’expriment d’autres préoccupations, politiques et sociales.
Normal. Né le 19 décembre 1942 à Marseille, Manchette est très tôt militant. Contre la guerre d’Algérie d’abord, puis rayon extrême gauche sous influence situationniste dans les années 1960. Passionné par le jazz, le cinéma, le polar américain, il écrit très vite après quelques mois passés à enseigner en Angleterre : des scénarios de courts métrages, des films sexy du réalisateur Max Pecas, un roman érotique, des épisodes de la série télévisée Les Globe-trotters. Il se lance donc dans le grand bain avec Laissez bronzer les cadavres (coécrit avec Jean-Pierre Bastid) et L’Affaire N’Gustro. Neuf autres titres suivront, la plupart chez Gallimard avec notamment le phénoménal La position du tireur couché (1982), toujours avec un style sec et sans fioritures qui devait inspirer de nombreux héritiers (souvent, justement, nettement moins inspirés...). Mais l’activité de Manchette ne s’arrête pas là. Il est également traducteur, de Ross Thomas ou de Donald Westlake, ou d’auteurs de BD comme l’infernal tandem Alan Moore et Dave Gibbons. Il participe à de nombreux scénarios comme La guerre des polices (1979) ou La Crime (1983). Il dirige la collection de science-fiction Futurama. Et surtout, il jette un regard érudit et mordant sur les polars dans ses chroniques pour les journaux Charlie mensuel et occasionnellement Libération, et pour la revue Polar de Rivages.
Nombre de ses romans seront adaptés au cinéma, mais Manchette ne publie malheureusement plus de fiction à partir de 1982. En 1989, il est opéré d’une première tumeur au pancréas. Il décède le 3 juin 1995 à Paris des suites d’un cancer au poumon.

Ses principaux ouvrages sont : O dingos, ô chateaux !, Nada, Que d’os !, Le petit bleu de la côte Ouest, La position du tireur couché, Fatale.