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RENDELL Ruth

vendredi 10 janvier 2003


Pourquoi devient-on tueur ? Et victime ? Parce qu’un jour, sans doute, et évidemment sans le savoir, on prend une route, au bout de laquelle se trouve la mort violente. Sur cette route, Ruth Rendell se balade depuis bientôt quarante ans. Les yeux grands ouverts, elle observe. Puis elle raconte. Experte du "thriller psychologique" dont elle est devenue la reine.
Mais quand Ruth Rendell s’est-elle retrouvée à la croisée des chemins ? Elle est née dans la banlieue de Londres, à Woodford, le 17 février 1930. Enfance de fille unique, sans histoire, avec ses parents enseignants d’origine scandinave. Le démon de l’écriture la conduit au journalisme. En 1948, elle entre au Chigwell Times, un journal de l’Essex. Mais, la dame est déjà portée sur la fiction. Après quatre ans de bons et loyaux services, elle relate la réunion d’un club de tennis local... sans se donner la peine d’y assister. Problème : ce jour-là, le président du club meurt en pleine séance d’un accident cardiaque. Un "détail" qui ne figure pas dans son article. Ruth est renvoyée.
Qu’à cela ne tienne. Elle ne lâche pas la plume, et sort plusieurs nouvelles dans divers magazine. Elle propose ensuite un roman - une comédie de moeurs - à des éditeurs. Refus. Mais on lui demande alors si rien d’autre ne traîne dans ses tiroirs. Justement si : un roman policier, écrit pour s’amuser, que Ruth retouche à peine avant de le soumettre. Il est publié en 1964. C’est Un amour opportun, dans lequel apparaît Reginald Wexford, 52 ans, inspecteur-chef dans la ville imaginaire Kingsmarkham. Un héros promis à de nombreuses aventures. Car la dame se spécialise dans des intrigues policières dont l’intérêt principal se trouve dans la psychologie des personnages, chasseurs comme chassés. Qu’est-ce qui les motive, pourquoi, en quoi leur vie privée interfère-t-elle sur leurs actes. Autant de pièces d’un puzzle que Ruth Rendell s’applique à mettre sur la table avant de les ranger en bon ordre. Le succès ne tarde pas à confirmer le bien fondé du projet.
Et sa vie privée à elle ? Un peu compliquée aussi peut-être. Mariée avec Don Rendell en 1950 (un fils sociologue), elle divorce 25 ans plus tard. Elle s’installe alors en 1977 dans un vieux manoir du XVIe siècle, dans le Suffolk. Mais la solitude n’est pas forcément bonne compagne. Deux ans plus tard, la voilà donc se remariant avec le même Don Rendell. Qui bon prince supporte toujours madame, qui travaille tous les jours de 9 à 16 h, réglée comme une horloge. Pour varier ses plaisirs, elle lâche aussi de temps en temps son Wexford pour publier sous le pseudonyme de Barbara Vine des romans criminels. Souvent ses meilleurs (couronnés par des prix anglais), et d’ailleurs les plus adaptés au cinéma : L’Analphabète devient La Cérémonie pour Claude Chabrol, L’homme à la tortue est En Chair et en os pour Pedro Almodovar par exemple. Depuis 1997, Ruth Rendell est de retour à Londres, dans une maison victorienne cette fois. Anoblie sur proposition de Tony Blair, la Baronne siège comme P.D James à la chambre des Lords. De quoi l’inspirer un de ces jours.

Ses principaux ouvrages sont : Etrange créature, La Fille qui venait de loin, Le Goût du risque, L’Analphabète, Le lac des ténèbres, L’homme à la tortue, Vera va mourir, Noces de feu, L’Eté de Trapellune.