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VARGAS Fred

mardi 17 septembre 2002


"L’assassin, c’est généralement ce que je trouve en dernier. Je peux même dire que je bâcle". Devant une telle confession (dans Lire, octobre 2001), tout amateur de polar pourrait hurler à l’hérésie. Ce serait s’user les cordes vocales pour rien. Car écoutons encore : "Je ne pars pas de l’assassin, mais plutôt de groupes de gens, de situation". Et c’est bien là toute la différence et le prix des romans de Fred Vargas, un des auteurs les plus en vogue aujourd’hui dans l’Hexagone, séduisant aussi bien lecteurs que lectrices.
Mais précisons d’abord. Il faut lire Fred mais comprendre Frédérique. Le véritable prénom de la dame, surnommé Fred depuis sa plus tendre enfance. Frédérique est née à Paris en 1957. Sa mère est une scientifique, son père un "encyclopédiste humaniste", comme elle aime à dire. Autre précision, Fred n’est pas seule. Sa soeur jumelle se prénomme Jo. Jo et Fred, sacré tandem. Et Vargas ? Tout simplement en hommage à Ava Gardner et à son personnage de Maria Vargas dans La Comtesse aux pieds nus, le film de Joseph L. Mankiewicz (1954). Jo et Fred vouaient à l’actrice un véritable culte. Aussi quand Jo, pour sa carrière de peintre, prend un pseudonyme, elle choisit tout simplement Vargas. Et Fred de même, pour ne pas compliquer les choses en famille, quand elle décide de se lancer dans le "rompol". C’est en 1986, et Fred se cherche une activité pour ne pas se contenter de son métier d’archéologue médieviste spécialisée dans l’étude de la vie villageoise à travers les ossements d’animaux. Elle essaye bien l’accordéon. Mais c’est lourd. Alors va pour la plume. Très bonne idée. Son premier roman, Les Jeux de l’amour et de la mort, reçoit le prix du roman policier au festival de Cognac. Coup d’essai, coup de maître. Et récidive. La dame devient une habituée des prix dès son deuxième livre qui sort en 1992 chez Viviane Hamy, son éditrice attitrée depuis. L’homme aux cercles bleus obtient le prix du Polar de la ville de Saint-Nazaire. Il marque surtout l’apparition du commissaire Jean-Baptiste Adamsberg, flic contemplatif et un brin tourmenté, appelé à devenir héros récurent. Tant mieux, on ne s’en lasse pas. Pas plus que de la plupart des personnages de Vargas, qui surgissent eux aussi au fil des romans, galerie de portraits décalés, drôles et poétiques, qui oeuvrent dans la résolution collective d’énigmes. Rappelons que c’est ce ton, cet humour et la musique de l’écriture de la dame qui charme sans coup férir, dans les dix romans que comptent aujourd’hui son oeuvre. Comme elle l’explique souvent, le polar est selon elle "épique, héroïque, pas forcément le reflet ou une critique de la société". Dans ce registre, son registre, Fred Vargas réussit de façon exemplaire. Même quand elle s’essaye au scénario de BD (Les 4 fleuves illustré par Edmond Baudoin, prix (encore !) du meilleur scénario au festival d’Angoulème en 2001. Dernière information : Fred Vargas, qui vit aujourd’hui à Paris, écrit le plus souvent l’été. Vive les vacances !

Ses principaux ouvrages sont : Debout les morts, Un peu plus loin sur la droite, L’homme à l’envers, Pars vite et reviens tard.