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Deep Winter

Samuel W. Gailey (Gallmeister)

lundi 19 janvier 2015

Wyalusing, trou du cul du monde, Pennsylvanie. Le gentil Danny, l’idiot du village, vient donner son cadeau d’anniversaire à Mindy. Mindy, c’est sa copine. Serveuse au dinner, qui jamais ne se moque, quand les autres, presque tous les autres, l’évitent, lui le gamin que ses parents ont sauvé de la noyade sur le lac gelé, coulant à sa place. Danny l’orphelin vient voir Mindy, mais il trouve Sokowsky, enflure d’adjoint du sheriff, violent et imbibé. Et son larbin d’acolyte, ce crétin de Carl rongé par la fumette. Ils viennent de sortir du mobil-home de Mindy. Dedans, Mindy est morte. Le tandem foireux va coller le meurtre sur le large dos de l’imbécile. Début de l’intrigue. Qui convoque d’autres personnages. Le sheriff Lester, vieille carcasse bientôt à la retraite, philosophe à ses heures, l’expérience mon gars. Et Taggart, le flic de la ville, drôle de bonhomme à part pour ses collègues, qui cache bien ses secrets de fond de bouteille sous le siège de sa voiture. Le récit avance en alternant le point de vue des uns et des autres. Samuel W. Gailey est scénariste pour la télévision. Il sait mener son affaire avec une certaine efficacité. Belle attaque, puis flashback, et sens du page-turning. Jusqu’au bout, on suit. Déjà pas mal. Mais rien de plus ou rien de mieux que de bonnes intentions. Wyalusing, c’est le village de son enfance, quelques centaines d’âmes perdues au milieu de nulle part. Samuel W. Gailey voudrait nous faire partager le sentiment d’isolement de ses êtres frustres. Sauf que non. Rien ne pèse vraiment. Manqué. Pareil pour ses personnages. Des bouts de, beaucoup de clichés brassés (la sagesse de l’innocence pour ce bon gros Danny, le fond de bonne conscience de ce grand con de Carl, l’enfance tourmentée de cette ordure de Sokowsky, la culpabilité époux et père de Lester et Taggart), un ensemble ruiné par une fausse complexité vaine. En somme : Winter à moitié, et Deep pas tellement. Déception.