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13 jours

Valentina Giambanco (Albin Michel)

mardi 11 mars 2014

Alice Madison est une inspectrice débutante. Jeune et déterminée. C’est bien. Elle peut profiter de l’expérience de son partenaire, l’inspecteur Brown, dont la bienveillance bourrue se révèle progressivement. Tant mieux. Le tandem se coltine le méchant massacre d’une famille entière, dont la mise en scène dévoile un féroce désir de vengeance, en lien avec une vieille affaire de kidnapping d’enfants non résolue 25 ans plus tôt. Parfait pour alimenter quelques classiques flashbacks éclairants. Le tueur-manipulateur-malade débarque après 200 pages d’exposition traînante. Un petit tour par son enfance délicate, quelques indices sur son projet fou et ses motivations tordues, et roule. 13 jours, impeccable représentant du thriller de série prétendument haut de gamme qui se bouscule en librairie. Le travail terriblement appliqué d’une bonne élève, sérieuse et rigoureuse. Une volonté de donner du fond aux personnages, de frapper les esprits sans sombrer dans la surenchère gore, de bien expliquer toutes les dimensions de l’enquête. Résultat ? Rien de vraiment désolant, rien de vraiment marquant. Les principaux protagonistes existent mais sans plus, les seconds couteaux défilent dans un trop plein inutile et fatiguant, les longueurs s’accumulent et forcent à la lecture en diagonale (plus de 500 pages, la norme désespérante du thriller-pavé actuel), les rebondissements s’enchaînent comme autant de passages obligés (l’agression sur le partenaire, le tueur qui s’en prend fatalement aux proches de l’enquêtrice, le raffinement dans l’art de la vengeance). L’écriture passe-partout et l’absence totale de point de vue et d’implication emballent comme il se doit l’intrigue faussement complexe. Un thriller de plus donc. Encore un. Au suivant ?