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MCCOY Horace (1897-1955)

mercredi 22 mai 2002

Horace McCoy est sans doute l’auteur de "hard-boiled" le plus maudit de sa génération aux Etats-Unis. Considéré par ses contemporains comme un "sous-James Cain", un auteur caricatural, il n’obtient toujours pas aujourd’hui la reconnaissance qu’il mérite.
Né le 14 avril 1897 à Pegram, dans le Tennessee, de parents pauvres, il commence à travailler à douze ans comme vendeur de journaux. Il quitte définitivement son école de Nashville à 16 ans pour occuper différents boulots : mécanicien, vendeur itinérant, chauffeur de taxi. En 1917, il s’engage dans l’armée, devient observateur aérien et atterrit en France en 1918. Au cours d’une mission, il parvient à ramener son bombardier dont le pilote avait été tué. Il décroche la Croix de Guerre en août 1918.
Démobilisé, il devient journaliste sportif de 1919 à 1930 à Dallas. Il commence à écrire, et publie ses premières nouvelles dans les magazines de pulps à la fin des années 1920, dans un style vif et concis inspiré d’Ernest Hemingway. La grande dépression lui fait perdre son emploi et il se retrouve alors tour à tour ouvrier saisonnier, serveur, garde du corps. En 1931, il finit par débarquer à Hollywood où il aligne d’abord quelques petits rôles avant de passer à l’écriture de scénarii (une quarantaine au total dont Gentleman Jim de Raoul Walsh en 1942 et Les Indomptables de Nicholas Ray en 1952).
En 1935 sort son premier roman noir, On achève bien les chevaux. L’année suivante, il termine Un linceul n’a pas de poche. Mais il ne trouve aucun éditeur, sauf en Angleterre en 1937. C’est en fait la France qui soutient son talent. Le Linceul est publié en 1946 par la Série Noire naissante (N° 4), et On achève bien les chevaux dans la prestigieuse collection "blanche" de Gallimard. On compare alors McCoy à Steinbeck et Hemingway. Les Etats-Unis se réveillent donc sur le tard en sortant Le Linceul en 1948. Mais dans une version remaniée. C’est qu’en tirant à boulets rouges sur le rêve américain, en dégommant l’usine à rêves d’Hollywood, cette société où triomphent l’argent et le règne du plus fort, McCoy est trop sulfureux pour une Amérique qui se veut conquérante.
Ses romans suivants ne feront que confirmer ses détracteurs dans l’idée que McCoy est vraiment irrécupérable. Il meurt le 15 décembre 1955 d’une attaque cardiaque à Beverly Hills, dans l’indifférence générale. Ses deux premiers romans ne seront adaptés au cinéma que sur le tard : On achève bien les chevaux en 1969 par Sydney Pollack, et Un linceul n’a pas de poches en 1974 par le Français Jean-Pierre Mocky.

Ses principaux ouvrages sont : On achève bien les chevaux, Un linceul n’a pas de poches, Adieu la vie, adieu l’amour, J’aurais dû rester chez nous.