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Le sixième homme

Monica Kristensen (Gaïa)

jeudi 5 juillet 2012


Monica Kristensen est glaciologue. La première femme à avoir dirigé une expédition en Antarctique nous apprend sa biographie succincte en quatrième de couverture, qui souligne également son séjour au Svalbard (de 1998 à 2003), cet archipel perché très au nord. Quelques années inspirantes puisque la dame s’est depuis lancée dans une série policière se déroulant en ces froides contrées. Comprendre donc : elle connaît son sujet. L’exploratrice était-elle pour autant bien équipée pour s’embarquer en littérature ? Pas forcément. Son Sixième homme, premier de cordée, peut valoir par cet exotisme scandinave qui dure depuis plusieurs saisons : les ours polaires qui s’invitent en ville, la vie par – 28° et la nuit qui n’en finit pas et chamboule les humeurs, les vilains contrebandiers qui trafiquent de la viande de renne, et le travail à la mine, car, oui, si l’homme s’installe en de telles hostiles latitudes, c’est bien pour des pépites, de charbon en l’occurrence. Tout cela est bel et bien dépaysant. Construire une histoire avec de vrais personnages autour de ces quelques éléments n’aurait cependant pas été inutile. L’intrigue malheureusement est aussi foisonnante qu’une petite annonce : cherche petite fille disparue et… retrouve. C’est mince. Histoire d’étoffer, Monica Kristensen rajoute des bons gros bouts de personnages dans sa recette. Pas un mais plusieurs policiers, des maitresses et des amants, des trafiquants en motoneige, des notables, des mères de famille perdues, etc. La petite communauté de Svalbard n’est pas très grande, mais le lecteur finit par connaître quasiment tout le monde. Enfin très vaguement. Parce que quasiment tous les personnages sont aussi transparents que le fameux sixième homme qui hante les galeries des mines. En somme, on s’ennuie ferme, mais on apprend des choses : sur les ours polaires en ville, sur la vie par – 28° et durant la nuit sans fin, sur la contrebande de viande de renne, blablabla. Baillement.