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Genesis

Karin Slaughter (Grasset)

samedi 24 mars 2012


Karin Slaughter appartient à la famille des « grands » faiseurs américains, cousine d’Harlan Coben et autre James Patterson. Depuis douze ans, elle dore donc sa réputation au rythme d’un roman par an. Ce Genesis, sorti en 2009 aux Etats-Unis, est déjà un lointain souvenir pour notre Karin, deux nouveaux titres ayant depuis alourdis l’étagère de sa bibliothèque personnelle. Mais pèse-t-elle vraiment, l’œuvre de la Georgienne ? Elle publie « des ouvrages à succès » de l’autre côté de l’Atlantique, nous assure son éditeur français. Succès visiblement moindre de par chez nous. Sans doute est-ce la raison du tonitruant bandeau qui enveloppe Genesis sur nos rayonnages : « le serial killer le plus terrifiant depuis Hannibal Lecter ». Dame ! La promesse est alléchante. Sauf que. Karin Slaughter n’est pas la première – ni la dernière – à s’essouffler sur cette vaine poursuite du plus horrible et terrible des méchants tueurs qui fait trop trop peur. Dans Genesis, son serial-killer de service creuse donc un vilain trou dans lequel il enferme ses victimes, les torture avec divers objets pointus- tranchants-brûlants, les électrocute un brin, leur arrache à l’occasion une côte, et attention attention, faîtes sortir les enfants, les oblige à boire… du Destop. Non ! Si. C’est ignoble. Un animal pire qu’Hannibal. Si le grotesque est de la partie, le fameux tueur en revanche lui ne l’est guère. Car comble de tout, l’infâme n’apparait quasiment jamais dans l’histoire. Cherche ce double de Lecter, lecteur ! Coucou le voilà sur la fin, ses motivations expédiées en deux trois chapitres juste avant le dénouement. Dont on se moque de toute façon, Karin Slaughter ne s’occupant que distraitement de faire monter le suspense. L’intrigue avance au ralenti, et les deux héros finissent par tomber par hasard sur leur assassin d’exception. Slaughter préfère visiblement nous raconter par le menu les heurts et malheurs de ses personnages. Mais elle tire souvent à la ligne, rarement convaincante, surtout avec son Will Trent, son flic sado-masochiste qui en est pourtant là à sa troisième aventure. Avec beaucoup moins d’épaisseur que ce Genesis grassouillet (il est pourtant question d’anorexie, aussi). Karin Slaughter appartient bien à la famille des Coben et des Patterson. On peut lire autre chose.