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Miséricorde

de Jussi Adler-Olsen (Albin Michel)

mardi 1er novembre 2011


Prix du meilleur polar scandinave. Le bandeau rouge, d’entrée, plus refroidissant qu’autre chose. Des polars scandinaves, on s’en avalanche des tonnes depuis quelques années. Et, pour tout dire, d’être ainsi enseveli nous donnerait plutôt des envies de désert aride. La nordique production surexploitée ? Très souvent, une bûche glacée indigeste ou sans saveur. Alors Miséricorde ? Un produit correct, qui ne vaut ni de s’énerver ni de sauter au plafond. Avec, dans le rôle des enquêteurs, un tandem gentiment décalé : le flic tout seul, tête de lard difficilement gérable, classique on ne peut plus, mais sauvé par son acolyte collant, homme de ménage aux talents dépoussiérants, le sémillant Hafez el Assad. La paire est « improbable », prend bien soin de souligner la quatrième de couverture. Le duo est même trop improbable, mais glissons. Nos amis se chargent d’enquêtes irrésolues, et reviennent donc sur la disparition d’une femme politique en vue cinq ans plus tôt. Fichtre ! La dame serait-elle séquestrée depuis des lustres ? Sans doute, et de fort perverse manière. Aussi crédible qu’Hannibal Lecter décidant de se mettre au point de croix, mais glissons encore. Pour un thriller réussi, il faut un brin d’effroi bien frais, alors si c’est original, on peut s’amuser en toute invraisemblance. Le coupable et ses mobiles ? Allez, quand il débarque dans le récit, on le repère immédiatement, mais glissons à nouveau. Avec son style parfaitement impersonnel, Miséricorde se lit quand même, comme on regarde un épisode du Mentalist. Cerveau disponible, en se laissant porter, endormir. Les personnages, l’intrigue, et toutes ses pistes ouvertes qui permettront de nourrir les prochains épisodes déjà annoncés, sont d’assez grosses ficelles. Mais on tend les poignées. Pour autant : prix du meilleur polar scandinave ? Sans rire ?