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Les heures lointaines

Kate Morton (Presses de la cité)

vendredi 26 août 2011


Mademoiselle Morton aime le gothique et l’époque victorienne. Donc les vieilles pierres, les châteaux perdus, les fantômes et les souvenirs qui rôdent, les secrets de famille. On trouve tout cela dans Les heures lointaines. Et aussi, énormément, l’amour des livres, de ceux qui marquent une existence. Le personnage principal de Kate Morton, Edie Burchill, est de fait éditrice, qui bientôt se retrouve à mener l’enquête au château de Milderhurst, repaire jadis de l’auteur de La véridique histoire de l’Homme de boue, roman à succès qui fut pour beaucoup dans sa vocation littéraire. L’incroyable bâtisse est aujourd’hui habitée par trois sœurs, les deux vénérables jumelles Saffy et Percy, et la cadette sexagénaire Juniper. Les trois vieilles filles, prisonnières du château par la volonté du défunt écrivain, cachent évidemment bien des tourments passés, des frustrations terribles, des regrets éternels. Kate Morton tisse sa toile classiquement, alternant passé (1939-1941) et présent, dévoilant progressivement son intrigue. Elle n’est certes pas malhabile, mais que de tours et détours inutiles dans cette affaire. Question d’atmosphère ? Sans doute. La découverte du château par exemple (jardin compris) : six chapitres et 54 pages. Dame ! Que voulez-vous, le château est grand et ses couloirs (tunnels ?) n’en finissent plus. Tout comme n’en finissent plus l’accumulation de tous ces petits détails pour rien, ces digressions avec la mère d’Edie (par qui tout commence), ces précisions longuettes sur la situation de l’amoureux de l’histoire. Sans doute Kate Morton pense-t-elle que de ce foisonnement naît le romanesque. Que non. Juste de l’ennui et l’irrépressible envie de survoler les pages, les 630 pages de ce roman qui pourrait fort bien en compter 200 de moins. Le principal intérêt des Heures lointaines ? Mettre en valeur les grands anciens qui savaient autrement y faire. Kate Morton n’est pas encore la digne héritière de Wilkie Collins ou de Daphné du Maurier. Loin s’en faut.