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Nous, les maîtres du monde

Nicolas Jaillet (Après la lune)

samedi 5 mars 2011


Une très bonne petite série B. Ainsi se présentait The Hidden, film mixant polar, fantastique et SF en 1987, avec un Kyle MacLachlan pré-Twin Peaks en inspecteur « habité ». L’ovni fut Grand prix au festival d’Avoriaz, bien mérité tant la modeste production offrait un spectacle jubilatoire. Le roman de Nicolas Jaillet, qui ne cache pas (les « reconnaissances de dettes », bravo) l’influence de ce bijou culte, comme on ne le disait pas encore à l’époque, appartient à la même famille. Série B enlevée, un brin foutraque, bdesque bien sûr, puisque en plus de la menace extra-terrestre façon Hidden, des super-héros s’en mêlent. On trouve dans cette intrigue menée tambour battant plein de petites choses amusantes (l’adaptation des créatures à leurs enveloppes humaines, les aventures « syntaxiques » de Fred Véloce, le personnage de Régis (Régis !) Flantellier, la « Place » où combattent les télépathes façon aire de jeu vidéo ou mangaball), Jaillet s’étant manifestement régalé à multiplier les hommages à ses lectures d’hier et d’aujourd’hui. Son énergie est communicative et on se laisse embarquer sans barguigner. Jaillet demande qu’on lise son bouquin comme « un thriller marrant sans prétention », espérant que le lecteur finisse par se dire que, peut-être, le tout « est un peu moins idiot que ça en a l’air ». Précaution inutile. On peut se contenter d’un premier degré revigorant, apprécier le « sans prétention » (finalement assez rare), se faire joyeusement plaisir. En somme, passer un bon moment. Ce qui n’est déjà pas si mal.