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Les Harmoniques

Marcus Malte (Série Noire)

dimanche 6 février 2011


La petite musique de Marcus Malte. Sa touche unique, délicate. Ballade mid-tempo, mélancolie fine, poésie qui affleure. Ce qui fait toujours toute la singularité des romans du bonhomme. Les Harmoniques comme les autres. On peut se laisser bercer. Et puis, assez vite, on peut aussi penser à autre chose. Petite musique en fond sonore, pas déplaisante mais bon. Résumons : Mister et Bob n’acceptent pas la version officielle expliquant le meurtre de Vera, petit bout de femme dont le grand Mister tout doucement tombait amoureux. Mister est pianiste et romantique, Bob est taxi et philosophe. Ils décident de fouiner. Tombent sur un peintre yougoslave. Une piste s’ouvre. Peut-être des répercussions ici de la sale guerre là-bas. Miste et Bob la suivent mollement. Mais visiblement gênent. Du coup, un grand manipulateur sort des coulisses politiques pour leur expliquer le pourquoi du comment, et l’intérêt de laisser jouer les grands tranquilles. Oui, tout va très vite, bim, bam, boum, intrigue pliée en quatre temps trois mouvements. Marcus Malte le raconte d’ailleurs dans certains entretiens. Toute la première partie fut travaillée de façon très hachée. D’autres impératifs. Marcus Malte de toute façon avance souvent ainsi. Sans trop savoir, porté par ses personnages. On le ressent effectivement énormément sur ces Harmoniques. Malte se repose beaucoup trop sur ses personnages, sympathiques certes mais sans grande épaisseur, et sur son écriture, brillante, mais qui n’évite pas ici l’épate un peu vaine. Du coup, le contexte guerre des Balkans semble presque plaqué sur l’affaire, juste histoire de donner un certain relief à l’ensemble. De l’épice historique sur une cinquantaine de pages pour relever la sauce. C’est assez proprement exécuté, mais ça garde un côté recette improvisée. Et ces Harmoniques, plutôt que de raisonner longtemps dans le crâne du lecteur, s’évapore finalement très vite. Anecdotiques.