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Les couvertures de I, the jury de Mickey Spillane

jeudi 20 janvier 2011

« (…) c’est moi, le jury, et le juge, et tout le tribunal (…) je te condamne à mort, et je suis aussi le bourreau ». Les derniers mots du détective Mike Hammer avant l’issue irrémédiable. La dernière scène choc de I, the jury (J’aurai ta peau), le premier roman de Mickey Spillane qui connut aux Etats-Unis un succès sidérant en 1947. Du coup, rien d’étonnant à ce que l’illustrateur de la première édition (Dutton) choisisse justement cette scène pour la couverture du roman. Cette illustration avec le « bourreau » et la « victime » baignant dans son sang est reprise telle quelle dans quelques premières éditions européennes, dont l’édition française aux Presses de la cité en 1948.

Les choses deviennent plus explicites avec l’édition américaine en poche chez Signet, montrant en couverture le privé mettant en joue la femme fatale dégrafant son chemisier. Illustration reprise là encore en Europe, notamment en France par les Presses de la cité pour l’édition 1949 dans la collection Un Mystère. Curieusement, c’est le même homme, de dos, que l’on retrouve dans une édition hollandaise, mais la demoiselle est dans ce cas plus affolée qu’affolante.

Une nouvelle édition Signet en poche en date de 1952 coiffe notre détective d’un chapeau, menaçant toujours la dame dégrafant. Cette illustration connut de multiples déclinaisons en Europe, notamment en Finlande et en Espagne, avec une petite variante en Angleterre ou ne subsiste plus que le revolver pointé du détective sur la demoiselle.

La scène est tellement forte et le motif établi que rares seront les illustrateurs osant se permettre une toute autre illustration du roman. C’est toujours cette scène qu’ils choisissent de peindre, avec de menues variations. Dans une édition canadienne, les dessous forcément rouges de la dame sont de sortie. Dans une autre édition en espagnol, madame semble un tantinet plus innocente. Une édition italienne envisage pareillement les choses mais en plus classe. Tandis qu’une édition allemande reprend le chemisier rouge extrêmement échancré en ajoutant une curieuse cravate au détective.

Ce n’est que pour des éditions plus tardives que les illustrateurs se démarquent. Comme dans cette édition anglaise de 1959 où le dessinateur choisit plutôt d’illustrer le début du drame (Hammer perd son pote Jack), dans cette édition française chez 10/18 (de 1985) où le revolver a curieusement changé de main. Ou enfin dans cette édition au livre de poche en 1974 ou le propos est tout autre, rappelant qu’à cette époque seventies libérée, il était de bon ton d’illustrer les bouquins de Spillane par une femme à poil.