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Bunker

Andrea Maria Schenkel

samedi 30 octobre 2010


Cent pages. Oui, à peine cent pages. Pour ce simple choix du roman court, il faut remercier Andrea Maria Schenkel. D’autant que la dame est coutumière de la concision. Ses précédents La Ferme du crime et Un tueur à Munich, hautement recommandables, donnaient aussi dans le bref et précis. Pas de grandes envolées psychologisantes chez Schenkel. Ses personnages comme son intrigue émergent progressivement des faits, des simples faits. Obscurs au début. Puis qui s’éclairent en partie, mais en partie seulement, au fil des chapitres. Monika est enlevée. Séquestrée par son ravisseur. Qui est-ce ? Pourquoi ? Nous sommes tour à tour dans la tête de l’un, puis de l’autre. Elle ne sait rien du projet de son kidnappeur. Croit deviner, se trompe, part en vrille. Mais que sait-il, lui, de la motivation profonde de son geste ? On suit, on subit, les choses qui se passent, inéluctablement. Sans raison ou presque. Victime, comme les personnages. Fous. Sans doute. Solitaires et perdus. Tension, ambiance, égarement, Andrea Maria Schenkel réussit sur le thème de l’enfermement une variation abstraite efficace et perturbante. Une performance assez remarquable. On s’échappe difficilement de son Bunker.