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Apocalypse bébé

Virginie Despentes (Grasset)

samedi 30 octobre 2010


Valentine disparaît. L’ado était pourtant sous surveillance. D’une privée très passe-partout, son principal talent, Lucie. Lucie doit retrouver Valentine. Elle se fait aider par La Hyene, lesbienne mercenaire à la réputation internationale pour la traque à succès. Le tandem « enquête » à Paris, puis Barcelone. Retrouve la gamine. La ramène à Paris. Et boum. L’intrigue du denier Despentes tient sur un timbre poste, mais évidemment on s’en fout. C’est du Despentes, du Baise moi avec seize ans de plus, un tantinet plus sage donc. Voilà. En 1994, Baise moi déchirait. Aujourd’hui, Apocalypse bébé égratigne. Et encore. Le choix d’attribuer à chaque personnage un chapitre est plutôt une bonne idée. Un enchaînement de loosers qui se démènent comme ils peuvent. Comme tout le monde. Bon. François qui débute, écrivain en quête de notoriété, nous régale plus d’une fois. Mais les autres, pouf. On se lasse assez vite. Claire, Vanessa, la Hyène même, ça traîne souvent en longueur, et pour quelques formules qui cognent et frappent juste, on se paye un certain nombre de screugneugneu radoteurs. Très étonnant dès lors que certaines gazettes vendent ce roman comme un « thriller efficace », un « road book qui se lit d’une traite ». Rien à voir, mais alors vraiment rien. D’autant que les 80 dernières pages virent au bastringue totalement improbable. On veut bien de la satire sociale et du vavavoum punk, mais au détriment du récit à ce point ? Difficile. Bilan : le brûlot de Despentes est une petite production parfois amusante, avec mêmes quelques beaux passages. Mais que ce livre profite d’une couverture médiatique énormissime et passe pour un des événements de la rentrée littéraire 2010 en dit bien plus long sur notre époque que les 250 pages du roman