Accueil > Mini-bios > WESTLAKE Donald (1933-2008)

WESTLAKE Donald (1933-2008)

dimanche 2 décembre 2001


L’homme est tellement prolifique qu’un seul nom ne saurait lui suffire. Donald Westlake est donc le prince du pseudonyme : Aman Marshal, Edwin West, Richard Stark, Timothy J. Culver, Curt Clark, J. Morgan Cunningham, Grace Salacious, Tucker Coe, la liste est longue. Il faut dire qu’avec environ 70 romans, une centaine de nouvelles, et de nombreux scénarios pour la télévision et le cinéma, le bonhomme peut signer plus vite que son ombre de ses multiples identités.
Donald Edwin Westlake est né le 12 juillet 1933 à Brooklyn. Enfance et études sans histoire. Les histoires, elles débordent plutôt de son imagination. Son père le verrait bien architecte, mais lui ne pense qu’à ça : raconter, inventer des personnages, multiplier les intrigues. Le bougre décide donc assez vite de se consacrer à l’écriture, dès 1958. Deux ans plus tard sort son premier roman : Le Zèbre. Un thriller classique. Westlake considère d’ailleurs ses cinq premiers écrits comme trop liés à un genre et pas assez personnel. Il impose véritablement sa patte à partir de 1965 avec Le Pigeon d’argile. Maître mot : l’humour comme "moyen de faire naître l’émotion et la peur", dit-il.
Le succès arrive pourtant avec la création d’un héros salement dur et très moyennement drôle : Parker, truand venant d’on ne sait où et n’obéissant qu’à sa loi et à ses principes. Signées Richard Stark, ses aventures commencent en 1962 avec Comme une fleur. Elles se terminent une première fois en 1974, pour ne reprendre qu’en 1997 (Comeback). En 1966, Westlake continue à jouer avec ses pseudos en signant Tucker Joe cinq romans d’un nouveau héros : Mitch Robin, un flic dégagé en touche pour faute grave et qui s’applique à construire un mur autour de son pavillon pour se préserver des misères du monde. En 1970 débarque encore un nouveau personnage , John Dortmunder, gangster qui foire la plupart de ses coups. C’est surtout avec lui et dans les quelque 40 romans signés de son véritable nom que Westlake laisse libre cours à son imagination débridée et à son humour dévastateur. Chose assez rare, la quantité n’empêche pas la qualité. Et à 68 ans, Westlake ne s’use toujours pas. En témoigne Le Couperet, réussite majeure datant de 1999.
De Point Blank (1967, de John Boorman avec Lee Marvin) à Payback (2000 avec Mel Gibson), deux adaptations de Comme une fleur, de nombreux livres de Westlake ont été adaptés au cinéma. Westlake a également signé nombre de scénarios, dont le plus fameux reste l’adaptation du roman de Jim Thompson Les Arnaqueurs pour Stephen Frears en 1990. Westlake vit ses dernières années dans une ancienne ferme au milieu de nulle part dans l’Etat de New York avec sa femme Abby Addams écrivain qui, elle, n’écrit pas de romans. Il s’est éteint le 31 janvier 2008, d’une crise cardiaque juste avant le réveillon, à Mexico où il passait des vacances.

Ses principaux ouvrages sont : Comme une fleur, Le Pigeon d’argile, Le Pigeon récalcitrant, V’la aut’chose, Chauffé à blanc, Adios Shéhérazade, Aztèques dansants, Kawaha, Le Couperet.