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The Long good-bye

Raymond Chandler (Folio Policier)

samedi 24 janvier 2009


Juste pour voir. Un Raymond Chandler, sans doute son meilleur, pour vérifier que le temps qui passe glisse sur ces bonnes feuilles qui en remontrent encore à toutes les générations de polardeux grandies depuis. Oui, The long good-bye (merci à Folio Policier d’abandonner enfin en couverture – même si la chose subsiste en quatrième de – l’inénarrable historique traduction de la Série Noire : Sur un air de Navaja) reste un chef d’œuvre, aujourd’hui comme hier. Avec un Marlowe impeccable qui scrute l’humanité vacillante autour de lui avec son regard de moraliste bien particulier. C’est le ton de ce long au revoir qui ravit toujours à la énième lecture. Marlowe se laisse balotter par une intrigue tortueuse qui, il le devine, peut lui permettre au final de savoir : qui trahit qui (lui le premier), comment et pourquoi. Même si ce pourquoi offre des réponses dont il se passerait bien. Chandler dans ce roman exemplaire prend son temps, s’arrête sur cette ville qui lui échappe, sur ces êtres qui fusillent les plus nobles confiances. Avec son style lustré par des métaphores inimitables, il embarque le lecteur dans ce qui n’est même pas une enquête, mais une flânerie contemplative, désabusée, au pays de toutes les désillusions. The long good-bye est définitivement un roman mélancolique et beau.