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Au risque de se perdre

Cathi Unsworth (Rivages/Noir)

jeudi 4 septembre 2008


Surtout ne pas se fier au CV de la Mademoiselle. Echappée de son sinistre Norfolk natal, Cathi Unsworth est montée à Londres pour suivre des cours de journalisme et s’est retrouvée à expérimenter sa jeune plumette à l’impeccable hebdo musical Sounds, puis plus tard au Melody Maker. Pas mal côté musique. Et tout aussi bien côté polar, puisque c’est la rencontre avec Robin Cook qui lui donna le goût du noir, et les conseils de Ken Bruen qui la poussèrent à écrire. Pour finir, voilà que Rivages/Noir lance son premier roman en France avec une charmante préface de David Peace. Dame ! N’en jetez plus. Seulement voilà : le costume de nouveau prodige du roman noir anglais, la Mademoiselle y nage dedans. Plutôt que du XXL, c’est même un tout petit M qui conviendrait à la gentille Cathi. La plupart de ses personnages sont d’une naïveté confondante, sa description de ce Londres branchouille et bohême est un comble de fadeur, ses dialogues sont parfaitement insipides. Pire : Unsworth nous parle du premier roman fabuleux d’un auteur des plus mystérieux, roman plus ou moins autobiographique d’une jeunesse ravagée dans la campagne anglaise, cette campagne qui sait parfaitement faire semblant de dormir sur ses deux oreilles alors qu’il s’en passe des pires et des biens sales. Le voilà justement le roman qu’on aimerait bien lire ! Plutôt que de se coltiner les états d’âme des trois pieds nickelés d’un journal underground, les piètres réflexions de l’héroïne tête à claques, l’intrigue à trois sous et grosses ficelles qui ne réserve pas la moindre surprise ! Alors oser en quatrième de couverture poser la Mademoiselle en « héritière de Robin Cook », c’est tout de même pousser un tantinet loin le bouchon du marketing éditorial. On peut se laisser avoir et acheter Au risque de se perdre. Mieux vaut peut être passer son chemin.