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Les Eveillés

Jérôme Camut et Nathalie Hug (Calmann-Lévy)

jeudi 15 mai 2008


Que ne fait-on pas, à cause d’un petit kiki. Le tueur en série des Eveillés en conçoit, dès ses plus tendres années, une bien vive amertume, qu’il adoucit en bousillant d’abord des fourmis, puis des lapins et pourquoi pas un chien (crescendo !). Plus tard, il passe aux femmes évidemment. Avec méthode, rage et raffinement forcément : il est tueur en série. A cause d’une petite bite. Oui. C’est un peu court (pardon…), mais ne cherchons pas la petite bête (repardon…). Les atouts des Eveillés ne résident pas dans la figure classique du méchant, finalement le moins convaincant de tous les personnages du roman. Ce demi-ratage, qui pouvait être rédhibitoire, est largement compensé par le joyeux jeu de massacre que propose le tandem d’auteurs. Sans la moindre hésitation, ils exécutent nombre de personnages auxquels le lecteur s’est attaché, parti-pris suffisamment rare pour être souligné. L’ensemble est de plus emballé avec un réel sens du rythme, et sans ces lourdeurs qui empoisonnent nombre de thrillers. La toile de fond scientifique (voyage au pays des rêves) est suffisamment bien tendue pour emporter la conviction. On peut rechigner en revanche sur la voie historico-religieuse, plutôt embouteillée depuis quelques années, qu’arpente une partie du récit. Reste qu’au total, Les Eveillés est un thriller made in France assez haut de gamme, qui en remontre à certains petits maîtres du genre (Chattam, Sardou, Musso). Bonne pioche donc.