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VAN DINE S.S (1888-1939)

mercredi 22 mai 2002


Quelques noms célèbres résument "l’âge d’or" du roman policier à énigme pendant l’entre deux guerre : Agatha Christie, Ellery Queen, Dorothy L. Sayers, Earl Derr Biggers (le créateur de Charlie Chan). Liste à laquelle il faut ajouter le nom qui fut longtemps le plus mystérieux : S.S Van Dine.
S.S Van Dine est en fait le pseudonyme de Willard Huntington Wright, né en 1888 à Charlottesville (Virginie). Il suit ses études dans d’excellents collèges en Californie, puis entre à la prestigieuse université d’Harvard, où il décroche un diplôme d’anthropologie et d’ethnologie. En 1907, l’année de son premier mariage (un deuxième à venir en 1930), il devient critique littéraire au Los Angeles Times, puis pendant les quinze années qui suivent, exploitent ses talents comme critique d’art dans de nombreuses publications. Le bonhomme donne dans le sérieux, et il se fait d’ailleurs très vite un nom chez les professionnels. Il signe de nombreux ouvrages sur la peinture, et sort même en 1916 un roman expérimental salué par la critique de l’époque : The Man of Promise. En somme, une carrière journalistique bien assise.
Mais atteint de tuberculose à partir de 1923, W.H Wright doit mettre ses activités en sourdine. Pendant sa convalescence, il découvre la littérature policière avec passion. A tel point qu’il décide d’accumuler les connaissances afin d’écrire une étude du genre (L’anthologie The Great Detectives stories devait sortir en 1928 avec une préface d’une quarantaine de page étudiant de nombreux auteurs américains et européens depuis Poe et Gaboriau). Puis, finalement, il se jette à l’eau. En trois ans, de 1926 à 1928, il publie trois romans sous le pseudonyme de S.S Van Dine, d’abord sous la forme de feuilletons puis en volumes classiques. La Mystérieuse Affaire Benson, L’Assassinat du canari et La Série sanglante connaissent un énorme succès, avec le détective Philo Vance, expert en peinture et en égyptologie, se fiant surtout à la psychologie pour débusquer les coupables, et dans lequel on retrouve évidemment beaucoup de W.H Wright.
Bien sûr, pour ce dernier, les aventures de Vance ne sont pas très sérieuses. Wright préfère se cacher derrière un pseudonyme, et une fois découvert, jurer ses grands dieux que le roman policier n’est qu’un passe-temps occasionnel. Sauf que l’occasion finit par faire le larron, surtout si elle lui permet de devenir riche. Wright accorda donc un long sursis à son détective pour une dizaine d’autres nouveaux romans, dont certains sont véritablement alimentaires, mais dont la popularité contraste avec l’échec des écrits plus "sérieux" du bonhomme. A partir de 1930, il travaille aussi à quelques scénarios pour Hollywood. Aujourd’hui, Van Dine reste surtout célèbre pour sa tentative de codification du genre avec ses fameuses "20 règles", publiées en 1928, et de nombreuses fois reproduites depuis. Alcoolique et aigri, Wright meurt en avril 1939.

Ses principaux ouvrages sont : L’Assassinat du canari, Le Fou des échecs, Le Chien mort, Le Meurtre du dragon.