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La Solution finale

Michael Chabon (Robert Laffont)

mardi 15 janvier 2008


Un gentil livre. Une petite bulle de littérature. Un brin poétique, avec une intrigue assez absurde et maline. C’est déjà pas mal. Seulement voilà : La Solution finale est un roman de Michael Chabon, prix Pulitzer en 2001. S’agirait donc de considérer la chose avec le plus grand sérieux. D’autant que d’origine juive, le bonhomme aime à revisiter la mémoire de la Shoah par différents bouts de lorgnette. Et qu’en plus, il ose ici convoquer un personnage mythique de la littérature populaire : ce bon vieux Sherlock Holmes. Dont acte. Voilà cette sympathique fable propulsée dans les gazettes mini (raison à moitié gardée tout de même) événement littéraire de la rentrée 2007. Sortez les majuscules et les superlatifs, et en avant le dithyrambe. Que d’enthousiasme pourtant pour si menu roman. Comme si la simple évocation en filigrane de l’Holocauste suffisait à doter cette fine mouche d’histoire d’une portée symbolique ou philosophique virtuose. Ne nous emballons pas. Oui, le « Vieil Homme » de 89 ans (Sherlock n’est jamais nommé, c’est plus subtil) est attachant en diable et coquettement croqué. Oui, le ton un tantinet suranné de l’ensemble sied parfaitement au projet. Oui encore, l’enquête impossible sur un mystère improbable (le perroquet qui cite en Allemand moult chiffres en apparence cryptés) est un whodunit savoureux. De là à assurer que le roman taquine l’Histoire et se gonfle d’une ambition bien supérieure aux visées habituelles du genre, il y a plus qu’une marge. La Solution finale est un agréable Chabon en mode mineur. Point barre.