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MALET Léo (1909-1996)

samedi 16 mars 2002


Remis au goût du jour à partir de 1981 par les bandes dessinées adaptées de ses romans par Tardi et quelques années plus tard par diverses analyses de son oeuvre, Léo Malet, comme le veut la formule, "ne doit rien à personne, mais le roman policier français lui doit tout". Dont acte.
Léon Malet est né le 7 mars 1909 à Montpellier. Sa mère couturière, son père employé de commerce et son frère succombent tous à la tuberculose. Le petit Léon n’est alors âgé que de trois ans. Il est pris en charge par son grand-père, tonnelier, qui lui donne le virus de la lecture. A 16 ans, en 1925, Léo débarque à Paris. Il débute comme chansonnier au cabaret La Vache enragée à Montmartre. Pour gagner sa vie, il enchaîne aussi les petits boulots : employé, ouvrier d’usine, figurant de cinéma (dans Quai des brumes notamment), emballeur (chez Hachette). Mais il écrit aussi tous azimuts. De la poésie, des articles dans de nombreuses revues anarchistes. En 1931, après une rencontre avec André Breton, il rejoint le groupe des surréalistes jusqu’en 1940.
En 1941, il est emprisonné pendant huit mois dans un stalag près de Brême. Il est libéré pour raison de santé et grâce à un médecin admirateur des surréalistes. De retour à Paris, Malet participe à la toute nouvelle collection Minuit. Il s’agit d’une collection policière accueillant des auteurs français "à la manière de" ce qui se fait aux Etats-Unis, les traductions de livres anglo-saxons étant interdites. Sous les pseudonymes de Franck Harding et Léo Latimer, Malet sort en deux ans Johnny Métal, Recherché pour meurtre et La Mort de Jim Licking.
Mais il se révèle surtout à partir de 1943 avec 120, rue de la gare. Dans ce roman apparaît le détective privé Nestor Burma qui devait faire la gloire de Malet. Le style vif, l’humour, l’ambiance urbaine qu’affectionne l’écrivain le démarquent d’entrée des auteurs américains. Malet est bien le père du roman noir tricolore.
Jusqu’en 1949, 7 autres aventures de Burma suivent. Malet entame également sa ravageuse Trilogie noire avec La vie est dégueulasse (1948) et Le soleil n’est pas pour nous (1949), clôturée vingt ans plus tard avec Sueur aux tripes. En 1954, il se lance dans un projet démentiel : les nouveaux mystères de Paris. Objectif : faire vingt romans à partir de chaque arrondissement parisien. Nestor Burma reprend donc du service, du Soleil naît derrière le Louvre à L’Envahissant cadavre de la Plaine-Monceau en passant par le chef d’oeuvre Brouillard au pont de Tolbiac. Dès 1958 pourtant, Malet en termine sans avoir visité les VIIe, XIe, XVIIIe, XIXe et XXe arrondissements. C’est qu’il ne reconnaît plus son Paris bouleversé par des projets immobiliers qu’il déteste. A la fin des années 1960, Nestor Burma repointe pourtant le nez pour quelques titres de la collection "Spécial Police". Et termine sa carrière comme celle de son créateur en 1972. Léo Malet est mort en 1996 d’une crise cardiaque.

Ses principaux ouvrages sont : 120, rue de la gare, Le Cinquième procédé, La vie est dégueulasse, Brouillard au pont de Tolbiac, L’ombre du grand mur, Abattoir Ensoleillé.