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La reine dans le palais des courants d’air

Stieg Larsson (Actes Noirs)

vendredi 21 septembre 2007


Disons le tout de suite : avec sa trilogie « Millenium », Stieg Larsson signe une oeuvre majeure du polar. Une oeuvre dense, richissime car se coltinant une multitude de thèmes majeurs de nos sociétés contemporaines (en vrac, les rapports homme-femme, le racisme, la raison d’état, le suivisme médiatique, la psychiatrie, etc.). Un trilogie peuplée de personnages souvent sidérants, attachants, complexes. Une trilogie à l’intrigue à la fois tendue et foisonnante, aux surprises multiples et au suspense implaccable. Près de 2000 pages qui détonnent dans le paysage éditorial actuel, car Stieg Larsson parvient à prendre son temps en évitant le zapping et les effets de manche sans pour autant lâcher son emprise sur le lecteur. N’en jetons plus. Et osons après cette avalanche de superlatifs, un léger bémol dans ce concerts de louanges. La Reine dans le palais des courants d’air, troisième et dernier volet de la trilogie, ne nous comble pas tout à fait, nous paraît un tantinet plus faible que La Fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette. Sans doute parce que dans ce deuxième tome, Stieg Larsson se concentrait sur le personnage de Lisbeth Salander, personnalité foldingue et labyrinthique absolument fascinante. Dans La reine..., Lisbeth, enfermée presque tout du long entre quatre murs, ne reste certes pas inactive, mais moins présente, elle nous manque. En embarquant dans cette folle aventure encore plus de personnages qu’auparavant, Larsson délaye un brin, avec parfois des intrigues secondaires qui passionnent moins (le harcèlement d’Erika Berger notamment). Il exécute en revanche curieusement le demi-frère de Lisbeth, lui aussi très haut en couleur, et qui méritait mieux qu’un final expéditif. Deux fois rien, certes, mais qui empêche La reine... d’atteindre le climax parfait. En l’état, cette trilogie unique est juste formidablement exceptionnelle.