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Le bibliothécaire

Larry Beinhart (Folio Policier)

mardi 14 août 2007


Et dire que certains nostalgiques de la Série Noire d’antan versaient des larmes de crocodile sur leur grand’maman qui ne serait plus jamais comme avant, et gna-gna-gnan. Depuis son arrivée aux affaires fin 2005, Aurélien Masson claque régulièrement le museau des ronchons en sortant de belles perles qui parent d’un éclat nouveau la « vieille dame » désormais en grand format. Jonathan Trigell, DOA, Jo Nesbo, pour ne citer qu’eux, montrent que l’héritage n’est pas en péril. Même bonne pioche avec Le bliothécaire de Larry Beinhart, malheureusement débarqué dans l’indifférence générale début 2006. Séance de rattrapage exigée aujourd’hui avec la parution du titre en Folio Policier, honoré de plus par le Grand Prix de littérature policière 2006. Un roman parfois branquignole, avec anti-héros brindezingue comme les affectionne Masson, mais surtout un fond politique en béton puisque le Beinhart s’amuse à démonter l’échafaudage rutilant qui permet au Parti Républicain de grimper sur le toit du monde. Affaire de gros sous bien sûr, et rien d’autre. Beinhart est radicalement parfait car ne sombrant jamais dans la bonne conscience de gauche à deux sous qui adore dégommer du Bush par atavisme bêlant. Il ne lustre pas plus le chibre des fantasmeurs de la théorie du complot, et c’est encore plus fort. Son innocent grippe la mécanique sonnante et trébuchante de la troupe néo-conservatrice avec des « oups » à se tordre de rire, et Beinhart dézingue à tour de bras avec une santé jouissive qui fait vraiment du bien au teint de "l’autre" Amérique. Magistral.