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Contes Barbares

Craig Russell (Le Masque)

mardi 14 août 2007


Tout est là. Un flic entre deux âges, qui bien sûr se demande à quoi bon continuer à lutter dans ce monde où les serial-killers se démultiplient et rivalisent d’inventions macabres. Son équipe qui se relève à peine d’un trauma terrible (voir Rituels Sanglants, précédente aventure du Herr Kommissar Jan Fabel) mais fait face avec une détermination sans faille. Un serial-killer, évidemment monstrueusement monstrueux et qui puise son inspiration torturée (la faute à maman, comme d’habitude) dans les contes « innocents » des frères Grimm (un tueur littéraire, c’est toujours plus style qu’un vulgaire désosseur bas du front). Et Hambourg en toile de fond, hanséatique décor visitable en suivant le tour express de l’assassin qui prend soin de situer ses mises en scène d’élégante et touristique manière. Tous les ingrédients donc du « police procedural », genre de plus en plus balisé par une palanquée d’auteurs. Russell est-il justement à la hauteur des Mankell, Hurley, Rankin, Indridason et j’en passe ? Pas sûr. Au-delà de son intrigue, certes solide - même si on peut légitimement se lasser de ces « originales » innovations meutrières - ce sont ses personnages qui manquent un tantinet de charisme, et l’ambiance générale de son thriller, mécanique trop froide pour être honnête. Russell maîtrise, presque trop, et subsiste au final l’impression d’une besogne soignée, sans ce supplément d’âme qu’embarquent les rois du genre cités plus haut. L’exercice vaut donc plus que la moyenne, mais à force d’application, Contes barbares friserait presque le conte barbant.