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JAMES P.D (Phyllis Dorothy) (1924-2014)

lundi 15 juillet 2002


"Mais mon Dieu, Madame la baronne, comment pouvez-vous écrire de telles horreurs ?". Question cliché qui revient le plus souvent dans la bouche de tous les interviewers de la charmante Phyllis Dorothy James, membre de la commission liturgique de l’Eglise anglicane et siégeant à la Chambre des Lords depuis l’obtention de son titre de baronne de Holland Park en 1991. PD James est effectivement très conservatrice. Mais elle ne se régale pas moins de jeter le trouble et l’effroi dans les 20 romans assez saignants qui pavent de curieuses intentions sa carrière littéraire.
Elle est née le 3 août 1920 à Oxford. Aînée de trois enfants, elle connaît une enfance assez itinérante, ses parents ayant un faible pour les déménagements en série. Après l’école religieuse, la petite Phyllis fréquente la Cambridge High Scholl for Girls. Elle est brillante, mais son père ne voit guère l’intérêt pour une fille d’aller plus avant dans les études. A 16 ans, Phyllis en termine avec l’école, non sans une réelle frustration. Son père travaille pour le Trésor Public, et la voilà donc au service des impôts. En 1941, elle se marie avec le docteur Connor Bantry White, qui sert dans le corps médical de la Royal Army. Elle quitte son travail pour élever ses deux filles nées en 1942 et 1944. Au retour de la guerre, son mari est victime de graves troubles mentaux. Jusqu’en 1964, il séjourne fréquemment dans les hôpitaux psychiatriques. Pour nourrir ses deux filles, Phyllis doit reprendre le travail. D’abord employée de bureau à l’hôpital de Paddington, elle suit des cours du soir pour gravir les échelons de l’administration médicale.
Mais surtout, elle souhaite depuis longtemps écrire. Menant tout de front, elle s’attelle alors à la tâche, tous les matins entre 6 h et 8 h. Premier envoi de manuscrit en 1962, et première réussite. Le livre s’appelle A visage couvert, roman à énigme assez classique, mais dans lequel PD James (les initiales sont destinées à cacher que l’auteur est une femme) s’attache déjà à explorer les motivations et le fonctionnement psychologique de son héros. Car d’emblée, PD James tient son personnage : Adam Dalgliesh, policier de Scotland Yard, poète à ses heures, et hanté par le décès de sa femme morte en couche en même temps que son bébé.
Adam Dalgliesh occupe le rôle principal dans la plupart de son oeuvre, même si Cordelia Gray, jeune détective privée, lui vole parfois la vedette (La Proie pour l’ombre, 1972). De 1968 à 1979, PD James travaille au département judiciaire du Ministère de l’Intérieur, puis occupe la fonction de magistrat jusqu’en 1984, ce qui enrichit encore sa connaissance du système policier et juridique. Grâce à son succès, elle voyage à travers le monde, donne de nombreux cours et conférences sur son art, et publie régulièrement des romans dans lesquels elle prend un malin plaisir à semer le trouble au sein de prestigieuses institutions, comme le collège théologique de Meurtre en soutane (2001), se déroule ainsi dans un collège théologique. La baronne est incorrigible. Et joueuse. Adam Dalgliesh apparaît pour la dernière fois dans Une mort esthétique (2008), et c’est en s’amusant avec une "suite criminelle" du roman Orgueil et préjugés de Jane Austen, que PD James conclut son oeuvre en 2011 dans La Mort s’invite à Pemberley. Elle s’est invitée également à son domicile d’Oxford le 27 novembre 2014 pour cueillir Madame PD James à 94 ans.

Ses principaux ouvrages sont : Meurtres en blouse blanche, La Proie pour l’ombre, L’Ile des morts, Un certain goût pour la mort, Une certaine justice, Meurtres en soutane.