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La Voix

Arnaldur Indridason (Métailié Noir)

mardi 6 février 2007


Un tantinet en dessous. Après les sommets atteints par La Femme en vert, La Voix, troisième roman de l’Islandais Indridason publié en France (la série devrait en compter dix), déçoit quelque peu. La faute à une intrigue assez longuette, à une enquête qui progresse à la va comme je te pousse, sans véritable tension ni surprise. L’employé d’un hôtel est retrouvé assassiné dans le réduit du sous-sol de l’établissement où il vit mystérieusement depuis quelques années. Qui l’a tué ? On se contrefiche assez vite de l’énigme, prétexte une nouvelle fois chez Indridason à une fouille en règle du passé chaotique des différents personnages. La victime bien sûr, mais pas seulement. Cette plongée dans les troubles et forcément douloureux souvenirs des protagonistes raisonnent intimement chez le commissaire Erlendur, qui plus que jamais ici revit le traumatisme de la disparition de son frère. Indridason triture la mémoire de son héros. La mise à jour égratigne l’humeur de notre homme, plus agressif que dans les épisodes précédents. Oui, ça tourne de moins en moins rond pour notre Erlendur, même si une gentille amourette vient décongeler le paysage réfrigérant. Indridason creuse et exhume avec sa sobriété et sa subtilité habituelle, mais la charge émotionnelle est moins intense que dans La Femme en vert. Ce qui se traduit d’ailleurs par un laisser-aller stylistique rappelant les premiers chapitres de La Cité des Jarres. En résumé : La Voix porte tout de même, mais moins loin qu’on ne l’espérait.