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IRISH William (1903-1968)

lundi 27 août 2001

Surnommé par certains l’Edgar Allan Poe du XXe siècle, William Irish est le créateur du roman à suspense. Dans ses oeuvres, toujours la mort rôde, compagne de désespoir de ses héros au bord du cauchemar, hantés par une violence sourde qui les ronge.
William Irish est né Cornell George Hopley Woolrich le 4 décembre 1903 à New York. Son père est ingénieur des travaux publics, sa mère, membre de la bonne bourgeoisie new yorkaise, est pianiste. Ses parents divorçant très vite, Cornell se retrouve seul avec sa mère, Claire Attalie Woolrich, avec qui il allait tisser une relation haine-amour intense. Il passe son enfance au Mexique et revient à New York à 15 ans. Durant ses études à La Columbia University, une maladie le contraint à l’immobilité. Il en profite pour commencer à écrire. Son premier roman sort en 1926. Il est très inspiré par l’univers de Scott F. Fitzgerald. Le livre connaissant un succès d’estime, Cornell poursuit dans cette voie pour ses quatre romans suivants. L’un d’entre eux intéresse Hollywood, et Cornell se met donc à travailler pour l’usine à rêve comme scénariste. En 1930, il épouse même la fille d’un producteur. Mais le mariage est annulé au bout de quelques semaines.
Retour à la case départ. Chez sa mère. Le tandem voyage un temps en Europe, avant de s’installer définitivement à New York, à l’hôtel. Les deux ne se quitteront plus. Cornell traverse alors une période de vache maigre, les éditeurs refusant tous ses manuscrits. Il se tourne du coup vers les magazines de pulps, très en vogue à l’époque. La carrière de William Irish est lancée. De 1934 à 1940, il publie plus de 350 nouvelles. Il embraye alors sur un roman : La Mariée était en noir. Le succès ne devait plus se démentir. Il écrit tellement dans les années 1940 qu’il utilise trois noms de plume : William Irish, Cornell Woolrich et George Hopley. A cette période prolixe succède un long silence, sans doute lié à la maladie de sa mère, qui meurt en 1957.
L’oeuvre de William Irish a inspiré plus d’une vingtaine de films, dont La Mariée était en noir et La Sirène du Mississipi de François Truffaut, ou Fenêtre sur Cour d’Alfred Hitchcock, tiré d’une de ses nouvelles. Mais après la mort de sa mère, l’écrivain, miné par l’alcoolisme et le diabète, perd son inspiration. Il passe les onze dernières années de sa vie reclus dans son hôtel. Victime d’une gangrène, il est amputé d’une jambe, et finit par succomber à une attaque le 25 septembre 1968.

Ses principaux ouvrages sont : La Mariée était en noir, Rendez-vous en noir, Lady Fantôme, La Sirène du Mississipi, L’heure blafarde, J’ai épousé une ombre.