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Les Disparues de Shangai

Peter May (Editions du Rouergue)

mardi 6 février 2007


On ferait bien de Peter May le mètre étalon du sous-genre police procedural. Sa « série chinoise », dont Les Disparues de Shangai sont le troisième volet (sur six), ne subjugue pas, mais au moins contente. La formule n’est pourtant pas si compliquée. D’abord un tandem efficace : le commissaire chinois Li Yan et la médecin légiste américaine Margaret Campbell sont personnages suffisamment solides et attachants pour qu’on les retrouve toujours avec plaisir. Ingrédient fondamental pour toute série qui se respecte. Les intrigues ensuite : au commencement sont souvent les meurtres, plutôt tirés par les cheveux comme il se doit aujourd’hui, comme il se doit surtout pour nous conter avec force détails sidérants le travail de l’héroïne légiste. May est en la matière un méticuleux, et il autopsie de fort convaincante manière. Les méchants sont plus ou moins épatants, plutôt moins dans Les Disparues de Shangai, mais ce n’est pas bien grave. Vient alors le petit supplément qui peut faire la différence : la bonne connaissance que possède l’auteur sur la Chine, qui assure découverte et étonnement, et un brin de choc culturel quand s’affrontent ou se complètent les préjugés ou l’ouverture d’esprit des deux protagonistes principaux. Et pour finir, le style : sobre, propre. Rien de vraiment renversant donc. Reste que la plupart des éditeurs, plutôt que de déverser leurs mercantiles ambitions sur les rayonnages des libraires, devrait garantir cette qualité là, ce divertissement d’honnète facture. En dessous de ce niveau, au pilon ! Peter May, au moins, ne se moque pas de ses lecteurs. Exemple à suivre.