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En terre et en os

Jan Burke (Mango)

mardi 4 juillet 2006


En 2000, Jan Burke recevait pour En terre et en os (Bones en anglais) le Edgar Allan Poe Awards du meilleur roman. Soit le prix américain le plus prestigieux en matière de littérature policière. On applaudit donc les éditions Mango de sortir de l’ombre ce roman, six ans après la fameuse récompense. Et on commence à lire. Et on ne comprend pas. En terre et en os est sensé renouveler le thriller, jouer avec les codes archibalisés (Hannibalisés ?) du tueur en série. Le Nicolas Parrish de Jan Burke est un très vilain méchant, qui éclate de rire à ses vannes macabres, concasse donc ses victimes dans la bonne humeur, et s’amuse comme un petit fou avec les forces de police. Bien, bien, bien. Sa Clarice à lui, c’est Irène Kelly, journaliste grande gueule et héroïne récurrente de Burke. Il l’aime, il l’adore, il veut la faire souffrir, il en jouit à l’avance. Voilà, voilà. On en serait volontiers tout effrayé, sauf que Burke nous fatigue très vite avec son suspense à deux francs, ses coups de théâtre assez assomants, et ses bons personnages vraiment bons et épuisants d’évidemment bons sentiments. Tout cela est assez caricatural, rarement crédible, et écrit dans un style certes direct, mais surtout sans âme. Un pur produit en somme, typique de la production américaine moyenne, qui peut à la rigueur se lire sur la plage sans risquer le coup de soleil pour les mirettes. Seul point positif : Burke nous évite le classique duel majeur qui n’en finit pas entre les deux principaux protagonistes. Pour le reste, les Bones de Burke n’offrent pas grand chose à ronger. Mais peut-être qu’en 2000, les votants de l’Edgar américain avait décidé de faire maigre.