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Folie douce

James Crumley (Fayard Noir)

vendredi 17 février 2006


Le grizzly ressort de sa tanière et il est en pleine forme. Tant mieux. Folie Douce est peut-être le meilleur Crumley depuis, allez, osons remonter aussi loin que Le Dernier Baiser (1978). Autant dire une sacré paye. Autant, presque, parler de résurrection. Il faut dire que le bougre est effectivement passé tout contre la Grande Faucheuse en 2004. A croire que la sinistre caresse valut grande claque. On sent derrière cette Folie une belle énergie et l’envie d’en découdre. A l’image d’ailleurs de ce bon vieux Chauncey Wayne Sughrue (appelez le CW), le vétéran du Vietnam qui aime bourlinguer sa carcasse dans les histoires dingos du géant James. Cette fois, il choisit de dépanner un pote psy déplorant le vol des fichiers informatiques de quelques-uns de ses clients. Evidemment, cette porte d’entrée ouvre sur une multitude d’autres portes que notre CW s’empresse d’enfoncer. Avant de se faire lui-même défoncer du sol au plafond. Il roule plaies et bosses 500 pages durant, se cognant à une floppée de méchants barjots. Comme d’habitude on ne comprend pas tout, mais on se régale à cette cavalcade jubilatoire, à ces dialogues aux oignons que sait nous frire l’allumé. Du Crumley de ce calibre, on en redemande. Espérons qu’il recharge vite.