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La Ville piège

Jason Starr (Editions du Rocher)

samedi 14 janvier 2006


David Miller n’a pas très bon fond. Mais il ne le sait pas encore. Pas plus que le lecteur, qui pêche notre homme entre deux eaux, journaliste financier à New York, en quête de reconstruction après la mort traumatisante de sa soeur. Le vol de son portefeuille déclenche la machine à déchoir. David se retrouve bientôt embringué dans une sombre histoire, court longtemps au bord du vide, avant la chute irrémédiable. Tombe-t-on avec notre personnage ? Pas vraiment, pas tout à fait. Conter l’histoire d’un héros qui révèle progressivement son côté sombre est une entreprise subtile, qui exige une écriture elle même en équilibre, dévoilant par petites touches les coins sombres, les malaises qui pointent, les dérives qui menacent. Jason Starr n’est pas maladroit, mais sa machine toussotte, peine surtout à l’allumage, et il faut s’armer de patience pour ne pas céder à l’envie de descendre en marche. Le lecteur est certes récompensé par un final étourdissant, mais peut regretter ce supplément de maîtrise qui aurait pu faire de ce titre un classique vraiment incontournable. En l’état, il reste un roman doté d’un énorme potentiel mal exploité. C’est assez rageant.