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Toiles de maître

Hannelore Cayre (Métailié)

jeudi 24 novembre 2005


Singulière Hannelore Cayre. Ils ne sont pas nombreux, dans l’Hexagone polardeux, à évoluer dans le registre de l’humour qui tache. Du côté des dames en noir, on peut même assurer que Cayre est unique en son genre, mauvais comme il se doit. Vacharde en diable, la bougresse se régale de l’abattage de son héros d’avocat, Christophe Leibovitz, qui appelle une chatte une chatte et ne donne pas dans la tripote clandestine. Leibovitz est assez haut en couleur, mais que dire des frappadingues qu’ils croisent ? Ils sont tous monstrueusement jubilatoires. Anciens collabos à l’ignoble faconde, héritiers dépravés, juge agitée du fri-fri, smala mafieuse, la galerie est impayable. L’intrigue se dessine lentement, et sans être essentielle, tient aussi joliment la route. Le délectable, comme dans son premier et précédent roman Commis d’office, vient bien sûr du tableau que nous brosse au poil à gratter la Cayre de ce milieu judiciaire qu’elle connaît parfaitement puisqu’exerçant comme avocate pénaliste. Pour notre part, nous condamnons la dame à la récidive obligatoire, tant l’Hannelore nous honore. Merci maître.