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Nos coups de coeur

vendredi 1er juillet 2005

Une liste de romans éblouissants, dont certains pourraient sans problème figurer dans la catégorie des classiques. Ce sont des titres qui nous ont ému, bouleversé, et ont marqué pour longtemps notre mémoire de lecteur. Vous pouvez vous précipiter. Satisfaction garantie.


- Crime, de Meyer Levin (1956) Deux étudiants de bonnes familles croient pouvoir commettre le crime parfait. Portraits glaçants. - La Malédiction du gitan, de Harry Crews (1974)Un orphelin sourd, muet et cul-de-jatte qui se déplace sur les mains, mais tombe sur une femme fatale qui sème la panique dans un univers de fêlés.
- Zyeux bleus, de Jerome Charyn (1975) Premier volet de la saga d’Isaac Sidel, Don Quichotte du polar. Ou un « pur » contre la Mafia. - Le Sicilien, de Norman Lewis (1975) Les petits arrangements entre gouvernements alliés, CIA et Mafia. Thriller puissant qui croise petite et grande histoire.
- Le démon, de Hubert Selby Jr (1976) Un roman qui commence par : « Ses amis l’appelaient Harry. Mais Harry n’enculait pas n’importe qui. Uniquement des femmes... des femmes mariées », mérite forcément l’attention. - La bête contre les murs, d’Ed Bunker (1977) Le deuxième roman de Bunker. L’amitié entre un jeune et un vieux détenu dans l’enfer de la prison. Ecriture sèche. Grande claque.
- Le Dernier baiser, de James Crumley (1978) Le détective Chauncey Wayne Sughrue sur la piste d’un écrivain alcoolique. Virée foldingue et embrumée sur les zincs américains. - Soldados, de Francisco Gonzales Ledesma (1985)Le passé qui remonte et qui ronge pour trois anciens soldats sexagénaires qui reprennent du service par désespoir ou vengeance. Troublant et beau.
- La solitude est un cercueil de verre, de Ray Bradbury (1985) Première incursion de Bradbury dans le polar en forme d’hommage au roman noir. Mélancolique et touchant. - Libra, de Don Delillo (1988) Extraordinaire roman qui mêle fiction et réalité autour de la personnalité de Lee Harvey Oswald, l’assassin présumé du président Kennedy. Brillantissime.
- Black Cherry Blues, de James Lee Burke (1989) Une des meilleures aventures du détective humaniste Dave Robicheaux. - Midnight Examiner, de William Kotzwinkle (1989)Règlements de compte mafieux dans l’univers de la presse à sensation. Grosse farce loufoque où « tout peut se révéler être n’importe quoi d’autre » prévient l’auteur.
- Trois carrés rouges sur fond noir, de Tonino Benacquista (1990)Milieu clos, intrigue originale, humour féroce, cocktail explosif pour un des rois du polar à la française. - Les étrangers dans la maison, de John Harvey (1990)Deuxième épisode de la saga de Charlie Resnick, inspecteur principal de la brigade criminelle de Nottingham. Impeccable, comme toujours.
- London Fields, Martin Amis (1992) Vertigineuse plongée dans la psyché de quelques dézingués, la victime, le tueur, pourquoi et comment en arriver là par un des plus grands écrivains anglais. - La Gorge, de Peter Straub (1993) Une oeuvre magistrale qui entrelace passé et présent autour de meurtres signés Blue Rose à quarante ans de distance. Un des plus grands romans noirs de ces vingt dernières années.
- American Tabloïd, de James Ellroy (1995) De novembre 1958 à l’assassinat de John Kennedy en novembre 1963, le premier volet magistral de la trilogie « Underworld USA » destinée à « démythifier toute une époque ». Mission accomplie. - Les racines du mal, de Maurice G. Dantec (1995)Le neuropsychiatre Darquandier et sa neuromatrice de machine à l’humaine réflexion sur la piste des « tueurs des Alpes ». Prospective allumée et sidérante.
- Le Poète, de Michael Connelly (1996) Un journaliste au prise avec un tueur en série amateur d’Edgar Allan Poe. Traque très efficace qui tient en haleine de bout en bout. - Le Couperet, de Donald Westlake (1997) Un cadre sans boulot décide d’assassiner ses éventuels concurrents dans la recherche d’un emploi. Fable cynique qui fait froid dans le dos.
- Les Morts de la Saint-Jean, de Henning Mankell (1997) La meilleure des enquêtes de Kurt Wallander. Un sommet, donc. - Le caveau, de Claude Amoz (1997) Premier roman et coup de maître d’une des polardeuses françaises les plus douées de sa génération.
- Moloch, de Thierry Jonquet (1998) Plusieurs affaires qui se croisent, mais un thème central : la maltraitance des enfants. Puissant. - Fin de chasse, de Pascal Demure (1998) Riffifi chez les paysans. Isolement, perversion, explosion de violence et un style incroyablement maîtrisé.
- 1980, de David Peace (2001) Troisième tome du quartet du Yorshire, le plus « équilibré » et le plus palpitant de cette somme hallucinée. - Shutter Island, de Dennis Lehane (2003) Roman noir, roman gothique, roman à suspense, tout se mélange dans la quête et dans l’esprit du marshal Teddy Daniels venu sur Shutter Island fouiner sur la disparition d’une résidente de l’hôpital psychiatrique. Labyrinthique jusqu’au final renversant.
- Les Hauts du bas, de Pascal Garnier (2003) Roman noir, très noir. Dialogues ciselés. Tandem de « héros » insupportable et attachant. Magnifique. - Sous les vents de Neptune, de Fred Vargas (2004) Adamsberg et un tueur au trident increvable. Vargas au sommet de sa forme et une virée pimentée chez nos amis Canadiens.
- Les Brumes du passé, de Leonardo Padura (2006) Mario Conde, le héros de Padura, plonge dans les années 1950, à l’époque ou tout était encore possible. Le Cuba actuel déchire cette nostalgie lucide. Tristement magnifique. - Out, de Natsuo Kirino (2006) Portraits de femmes fracassées dans un Japon terrifiant. Premier titre impressionnant d’une romancière nippone surdouée.
- Romanzo Criminale, Giancarlo de Cataldo (2006) L’épopée criminelle de la bande de Magliana qui prétendait mettre sous sa coupe mafieuse la Rome des années 1980. Un roman foisonnant à la puissance rare. - 18 secondes, de George D. Shuman (2006) Les débuts en fanfare d’un nouveau venu au pays du thriller, qui dame le pion aux auteurs installés. Belle surprise.
- Jeux d’enfants, de Jonathan Trigell (2006) 1993, Liverpool. Faits divers : deux gosses de dix ans massacrent un bambin de deux ans et demi. Huit ans plus tard, un des deux meurtriers sort. Anonyme. On le suit. Vertigineux premier roman. - Derniers verres, d’Andrew McGahan (2007) Un ancien journaliste essaye d’oublier ses dérives alcoolisés d’antan, dix ans plus tôt à Brisbane, capitale moisie du Queensland australien. Mais un vieil ami vient crever sous ses fenêtres. Et le cauchemar peut recommencer. Chef d’oeuvre.
- La griffe du chien, de Don Wislow (2008) Vingt-cinq ans de coups bas dans les coulisses des combats de l’administration américaine contre les filières de la drogue en Amérique du Sud. A travers la rivalité entre un flic et un mafieux. Enorme. - Flic à Hollywood, de Joseph Wambaugh (2008) Le retour aux affaires de Wambaugh après plus de dix ans d’absence. Cette fois, avec les impayables flics du commissariat d’Hollywood. Drôle, désespéré, émouvant. Humain.
- Le Choeur des paumés, de Gene Kerrigan (2008) La déchéance d’un juste pris à son propre piège. Qu’est-ce que la morale d’un seul quand toute une société part à la dérive ? Magnifique roman. - Le silence, de Jan Costin Wagner (2009) Trente trois ans après, la même disparition. Une jeune fille. Un vélo en bord de route. Un vieil inspecteur repart en chasse. Les blessures se rouvrent. Roman du vague, de l’indicible. Touchant et impressionnant.
- Little Bird, de Craig Johnson (2009) Première aventure de Walt Longmire, shérif dans le Wyoming. Des personnages très attachants, de l’humour à foison. Un auteur et un roman généreux.