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Loin des Humains

Pascal Dessaint (Rivages/Thriller)

samedi 26 mars 2005


On l’attendait, il est là. Enfin. Un bon roman de Pascal Dessaint, après le décevant Mourir n’est peut-être pas la pire des choses et son final gonflant au palais du pneu. Loin des humains reprend le même principe d’une narration polyphonique, que l’auteur maîtrise de plus en plus avec une fluidité remarquable, mais au service cette fois d’une intrigue resserrée qui sert beaucoup mieux la noirceur humaniste de son propos. Une intrigue limitée à un quartier de Toulouse, avec juste une belle échappée en Ariège, et à un nid de vipères familial qui réserve bien des surprises. Tous les personnages (et plus seulement les flics) sonnent juste, et on les suit jusqu’au bout du cauchemar sans rechigner une seconde. Bien sûr, restent encore quelques facilités : des blagues à deux balles en guise de pose humoristique pour souffler un brin, et toujours cette curieuse façon de glisser un poil de cul comme un cheveu sur la soupe. On reste également assez sceptique sur l’intégration de l’explosion de l’usine AZF dans le récit, par petites touches tellement sensibles qu’elles nous semblent se diluer sans jamais vraiment colorer le tableau. Mais c’est sans doute ergoter, tant la plongée dans les abysses de l’âme humaine coupe le souffle avec les personnages de Rémi et Pierre en particulier. Dessaint de retour en forme, voilà une bonne nouvelle.